A l'approche des vendanges, les domaines viticoles ont besoin de quelque 300 000 personnes pour procéder aux récoltes. Mais la pénurie de main d'oeuvre, qui dure depuis plusieurs années et s'aggrave encore cette année, inquiète les professionnels.

Grappes de raisins noirs sur pieds (illustration)
Grappes de raisins noirs sur pieds (illustration) © Radio France / Emmanuel Moreau

Les vendanges approchent à grands pas : elles sont prévues autour du 23 août. Et lors de ces grandes récoltes, plus de 50% du raisin est cueilli à la main dans les vignobles. Au total, il faut plus de 300 000 personnes pour l'ensemble de la France, dont près de la moitié en Champagne. Or ce chiffre ne sera à nouveau pas atteint cette année. La pénurie de main d'oeuvre continue de se renforcer. 

Des conditions de travail plus difficiles

Gontran Casella, technicien au syndicat des vins AOC de Bordeaux, a pendant 15 ans fait les vendanges. Chaque année, c'était le même enthousiasme : "C'était très sympathique, l'ambiance était bonne et surtout c'était une rentrée d'argent non négligeable", raconte-t-il. 

Mais depuis quelques années, il ne trouve plus la motivation pour aller récolter le raisin de sa région : "Le travail est assez pénible : avec les dernières évolutions climatiques on a des horaires décalés liés aux conditions de températures et au fait de pouvoir rentrer les vendanges les plus fraîches possibles, donc au lieu de travailler toute la journée on travaille en matinée". 

Perte de pouvoir d'achat

"Les hausses de charges ont fait que les salaires ont diminué, donc c'est moins intéressant aussi", explique-t-il par ailleurs. En cause, en effet, la suppression de l'exonération des charges salariales, attachées au contrat de vendanges. Une décision prise fin 2014, qui a fait baisser les salaires des vendangeurs et a entraîné leur désintérêt. 

"C'est une perte de pouvoir d'achat pour des bas salaires, des étudiants qui viennent faire des vendanges ou des personnes qui viennent faire un 13e mois", selon Bernard Farges, président de la Confédération nationale des producteurs de vins à appellations d'origine contrôlée (AOC). "Cela représente environ 40 à 50 euros par semaines en moins, donc environ 200 euros sur un mois de vendanges, c'est important", poursuit-il.

Recours à des travailleurs étrangers

Les professionnels dénoncent une réglementation qui s'est globalement durcie et a poussé les salaires vers le bas, notamment avec une limitation du travail à 60 heures par semaines. 

Pour l'heure, la seule solution qu'on trouvée les producteurs pour pallier cette pénurie : le recours à des entreprises intermédiaires qui vont venir des vendangeurs d'Europe de l'est

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.