Les salariés de l'équipementier automobile GM&S de La Souterraine protestent contre une menace de liquidation judiciaire, en détruisant leurs outils et en piégeant l'usine.

Chez GM&S, les salariés qui protestent contre la liquidation judiciaire menacent de ne pas rendre l'usine 'intacte'.
Chez GM&S, les salariés qui protestent contre la liquidation judiciaire menacent de ne pas rendre l'usine 'intacte'. © AFP / PASCAL LACHENAUD

Jeudi, c’est une presse découpée en deux au chalumeau, et une autre machine-outil écrasée sur lesquelles se sont appliqués les salariés de GM&S de La Souterraine (Creuse), qui ont aussi affirmé avoir piégé l'usine de l'équipementier automobile à l'aide de bonbonnes de gaz et de bidons d'essence. Vincent Labrousse est délégué CGT de GM&S :

Nous refusons d'être baladés une minute de plus (...) Cela fait six mois que l'on se bat, et nous sommes désolés d'en arriver là, mais aujourd'hui la menace, c'est celle d'une liquidation pure et simple. Si tel devait être le cas, l'usine ne sera pas rendue intacte

Faire pression sur PSA et Renault

Il s'agit pour les 279 salariés du site, deuxième employeur privé du département placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier, de faire pression sur PSA et Renault, leurs principaux clients, pour qu'ils s'engagent à maintenir un volume de commandes suffisant.

Sous la houlette du gouvernement, la direction de crise négociait depuis plusieurs semaines avec les constructeurs automobiles pour obtenir un engagement ferme sur ces commandes, dont l'ampleur permettrait de définir les conditions de reprise par GMD (premier sous-traitant français de l'emboutissage) qui, à plusieurs occasions, a montré son intérêt pour le site industriel creusois.

Mais l'intersyndicale (CGT-FO) de GM&S a annoncé mercredi "l'échec des négociations" pour une reprise de l'usine, dont la liquidation risque d'être prononcée le 23 mai par le tribunal de commerce de Poitiers.Les représentants des salariés réclament à présent une rencontre avec PSA, Renault et le président élu Emmanuel Macron, et "qu'on nous considère comme des interlocuteurs sérieux."

►ÉCOUTER | "Dans la cour, les bonbonnes de gaz accrochées à la réserve d'oxygène du site", le reportage, à la Souterraine, d'Isabelle Raymond :

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