Des grèves trop récurrentes, un matériel vétuste : le contrôle aérien français est dans le viseur d'un rapport de la commission des finances du Sénat. Mais depuis plusieurs années, les 4 000 contrôleurs aériens doivent aussi faire face à une forte augmentation du trafic.

La tour de contrôle de l'aéroport de Barcelone (illustration)
La tour de contrôle de l'aéroport de Barcelone (illustration) © AFP / Manuel Cohen / MCOHEN

Avec 254 jours de grève de ses contrôleurs aériens, la France est vice-championne d'Europe des grèves dans le domaine du contrôle aérien (seule la Grèce a fait plus) : c'est l'un des éléments que met en avant la commission des finances du Sénat, dans un rapport révélé par le Parisien dans son édition de ce lundi

Grèves et matériel vétuste

Ce rapport, piloté par le sénateur UDI Vincent Capo-Canellas, pointe du doigt le fait que les contrôleurs aériens se mobilisent "à la fois sur des mouvements corporatistes et des grèves de la fonction publique". "Notre pays est responsable de 33% des retards dus au contrôle aérien en Europe", note le rapport, pour lequel de nombreuses visites de terrain ont eu lieu. 

En cause également, l'état du matériel dont bénéficient les contrôleurs aériens : "Les matériels de contrôle sont vétustes", explique le sénateur, et leur coût d'entretien s'élève à "136 millions d'euros par an", alors même que "deux milliards d'euros ont été dépensés pour moderniser le contrôle depuis 2011".

Hausse constante du nombre de vols à contrôler

Or la situation du contrôle aérien en France a un impact sur l'ensemble du trafic européen : suite à l'échec de la mise en place d'un "ciel unique européen", qui prévoyait un découpage des zones de contrôle indépendant des territoires nationaux et a périclité en 2012, un vol qui traverse l'Europe doit entrer en contact avec les contrôleurs aériens de chaque pays qu'il survole. 

Avec sa position centrale en Europe, la France se retrouve donc inondée par les vols à contrôler : et ce chiffre ne cesse d'augmenter. En 2017, les 4 000 contrôleurs français ont dû passer en revue 3,1 millions de vols. C'est 4% de plus qu'en 2016, et même 8,6% qu'en 2015.

Conditions de travail "contraignantes"

Bien que bénéficiant d'un salaire assez élevé (5 000 euros brut par mois en moyenne, selon l'USAT-CGT), les contrôleurs aériens, engagés pendant au moins dix ans avec l'Etat après leurs études à l'Ecole nationale d'aviation civile (Enac), ont toutefois des conditions de travail peu aisées.

En effet, la Cour des comptes a souligné une "organisation de travail contraignante" à laquelle sont soumis les contrôleurs aériens : "Les centres fonctionnent en continu, les horaires sont variables, partiellement nocturnes, les congés sont limités pendant la période où les agents souhaiteraient le plus les prendre", notait un rapport dès 2010.

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