Les banques en ligne captent de plus en plus de nouvelles ouvertures de comptes courants. Pourquoi ce succès face aux banques "traditionnelles" ?

La banque en ligne propose une dématérialisation de la gestion de comptes
La banque en ligne propose une dématérialisation de la gestion de comptes © Getty / Tetra Images

La banque en ligne Boursorama doit présenter ce jeudi ses résultats annuels : elle compte désormais plus d'un million de clients, et se fixe un objectif de huit millions. Comme elles, les HelloBank, ING Direct ou Fortunéo se développent de plus en plus, sur un marché dont les acteurs sont de plus en plus nombreux - et de plus en plus variés.

►ÉCOUTER | Des banques venues d'Allemagne mais aussi de France sont en train de concurrencer sérieusement nos vieux établissements, explications de Bruce de Galzain :

C'est quoi, au juste, une banque en ligne ?

Par définition, c'est une banque dont les services sont accessibles uniquement sur Internet. Mais cette grande famille se partage en plusieurs catégories :

  • Parmi les banques en ligne les plus anciennes, une grande partie sont des filiales des grandes banques françaises. C'est le cas de Boursorama qui est une filiale de la Société Générale, HelloBank qui dépend de BNP Paribas, B for Bank qui est une filiale du Crédit Agricole ou encore Monabanq, dont le Crédit Mutuel est actionnaire. L'une des pionnières, ING Direct, dépend elle aussi d'une banque internationale, la néerlandaise ING.
  • Certaines banques ont aussi proposé une version totalement dématérialisée de leurs services, tout en conservant leur marque. C'est le cas de e.LCL, la banque en ligne proposée aux clients de LCL.
  • Il y a aussi les banques en ligne lancées par des organismes qui ne sont pas des banques : Orange Bank, Carrefour Banque, et beaucoup d'assurances (AXA Banque, Groupama Banque, etc.)
  • Enfin, on trouve depuis plusieurs mois des "banques mobiles" qui proposent des services totalement numériques, qui ne soient pas rattachés à une grande banque. Parmi celles-ci, on le "Compte Nickel", qui s'auto-proclame "compte sans banque", ou l'application allemande N26, qui intéresse de plus en plus d'utilisateurs depuis son lancement en France. Avec pour seul support une application mobile, cette banque, liée à une carte bancaire, permet de créer un compte en banque en quelques minutes à peine, sans document à fournir, et de le gérer presque aussi simplement.

Quels sont leurs atouts ?

Ces banques présentent deux grands avantages : le confort d'une part, les tarifs d'autre part. La plupart de ces banques en ligne proposent des frais bancaires plus bas que les banques traditionnelles, et souvent des cartes bancaires gratuites. Certaines, comme N26, mettent en avant les frais peu élevés pour les transactions à l'étranger.

Les banques en ligne mettent en avant leur simplicité d'utilisation : relever son plafond de paiements peut par exemple se faire en quelques secondes à peine. Certaines proposent aussi parfois des fonctionnalités innovantes : depuis la fin de l'année 2016, Orange a développé sur iPhone "Orange Cash", un mini-compte qui peut servir à payer sans contact avec son téléphone portable, via la technologie Apple Pay.

Le paysage est-il idéal pour autant ?

Non. Les banques en ligne pâtissent aussi parfois de leur dématérialisation : pour celles qui sont rattachées à des banques "physiques", il est possible de déposer des chèques et des espèces dans les guichets traditionnels, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour alimenter N26 par exemple, il faut disposer d'un autre compte en banque dans une autre banque, car on ne peut y déposer ni espèces ni chèques.

Autre limitation de cette dernière venue : étant basée en Allemagne, elle délivre un RIB allemand et non français, ce qui empêche certains prélèvements ou virement. Mais les banques travaillent à contourner les limitations du tout mobile, et Orange Bank, attendue dans les prochains mois, ne présentera pas ce problème. La Poste est également attendue dans le secteur pour 2018.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.