Adoptée définitivement le 27 mai, la proposition de loi "relative à la transparence de l'information sur les produits alimentaires" interdit l'utilisation des mots attribués à la viande (steak, saucisse, escalope...) pour des produits végétaux.

L'étiquetage de certains produits végétaux va devoir changer : les mots comme "steak" seront désormais réservés à la viande.
L'étiquetage de certains produits végétaux va devoir changer : les mots comme "steak" seront désormais réservés à la viande. © Maxppp / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

"Steak de soja," "saucisses végétales" : ces produits se sont fait une place ces dernières années dans les rayons de nos magasins. Sauf qu'ils vont bientôt devoir changer d'étiquettes.

La loi "relative à la transparence de l'information sur les produits alimentaires", adoptée définitivement le 27 mai, interdit en effet l'utilisation des mots traditionnellement attribués à la viande, comme "steak", "saucisse" ou "filet", pour des produits à base de protéines végétales (soja, blé, pois...)

Une victoire pour la filière viande

Cette demande d'interdiction était avant tout portée par la filière viande, comme les interprofessions INTERBEV (viande bovine) et INAPORC (viande de porc). Dans un communiqué, elles estiment que la mesure est "nécessaire afin de limiter tout risque de tromperie du consommateur".

Elles demandent au gouvernement de "prendre sans attendre" le décret d'application. Celui-ci pourrait être publié d'ici la fin de l'année, quand sera fixée la part exacte de protéines végétales au-delà de laquelle il sera interdit d'utiliser ce vocabulaire, désormais réservé à la viande. La mesure vise en effet à interdire également la dénomination "pur bœuf" pour des steaks contenant une part non négligeable de protéine de soja.

Des changements d'habitudes qui progressent

Mais au-delà de l'information des consommateurs, la mesure s'inscrit aussi dans un bras de fer économique. Les professionnels de la viande s'inquiètent de voir le marché du végétal progresser de manière exponentielle. Selon le cabinet d'études Xerfi, la vente de produits vegan et végétariens en grandes et moyennes surfaces pourrait générer autour de 600 millions d'euros de chiffres d'affaires d'ici un an en France. Un chiffre qui reste bien inférieur à celui du marché de la viande, qui s'établit à 35 milliards d'euros par an.

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