Stéphane Richard, patron d'Orange et Martin Bouygues s'étaient retrouvés pour la réunion de la dernière chance.
Stéphane Richard, patron d'Orange et Martin Bouygues s'étaient retrouvés pour la réunion de la dernière chance. © MaxPPP

Après trois mois de discussions, la vente de Bouygues Télécom à Orange a finalement échoué. Il s'agissait d'une opération complexe dans laquelle l’État a fait entendre sa voix.

C'est par deux communiqués séparés qu'Orange, premier opérateur de téléphonie mobile en France, et Bouygues Telecom, troisième, ont annoncé ce vendredi soir que les discussions en vue d'un rapprochement avaient échoué.

Depuis le mois de janvier, les discussions avaient été rendues publiques, et ce vendredi, une "réunion de la dernière chance " a eu lieu. Sans succès. Les deux groupes ont réuni leurs conseils d'administration dans la soirée pour entériner cet échec. La transaction avait été évaluée à 10 milliards d'euros, et l'Etat, actionnaire d'Orange à hauteur de 23%, avait son mot à dire.

Pour Sébastien Crozier (CFE-CGC d'Orange), cet échec est dû à l'Etat qui n'a pas voulu lâcher du lest.

"L'Etat est à la fois actionnaire, régulateur, vendeur de licences. L'emploi et l'investissement sont les premières victimes de cet échec des négociations. C'est un échec industriel et politique ". Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d'Orange.

Bercy inflexible

L'Etat ne voulait donc pas brader les joyaux de la couronne. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron se serait même montré très inflexible, notamment lorsqu'il a rencontré en tête à tête les deux patrons des opérateurs, Martin Bouygues et Stéphane Richard. Il n'était pas question pour l'Etat français de perdre de l'influence dans le numéro un français des télécoms, et Bercy souhaitait donc une forte valorisation d'Orange. Mais Martin Bouygues n'aurait pas accepté d'être freiné dans ses ardeurs.

L'analyse de Bruce de Galzain, chef du service Economie/Social de France Inter.

Par ailleurs, l'opération en elle-même était très complexe d'un point de vue social et industriel : il fallait réussir à convaincre l'Autorité de la concurrence. Free et SFR devaient reprendre des clients, des antennes, des fréquences, et là encore, le montage n'a pas été ficelé.

Une bonne nouvelle pour les consommateurs

Le marché de la téléphonie mobile reste donc pour l'instant à quatre opérateurs. Les associations de consommateurs s'en félicitent car elles craignaient un frein à la concurrence et une hausse des prix.

Olivier Gayraud, spécialiste télécoms à l'association de consommateurs CLCV.

"Il a fallu attendre l'arrivée du quatrième opérateur, Free, pour avoir une concurrence qui se dynamise sur ce secteur. Auparavant c'était très dormant. Si ce rapprochement avait eu lieu, on aurait eu la création d'un super opérateur qui aurait été quasiment en position dominante sur le marché. Et ça pour l'exercice d'une concurrence libre, c'est toujours extrêmement ennuyeux ." Olivier Gayraud de la CLCV

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