Emmanuel Macron l'a confirmé ce jeudi à Helsinki, l'exécutif va se donner le temps d'obtenir des réponses précises avant de trancher définitivement sur la mise en place de l’impôt à la source le 1er janvier 2019. En attendant, qu'en pensent les entreprises ?

le doute plane sur le futur de la réforme de l'impôt sur le revenu
le doute plane sur le futur de la réforme de l'impôt sur le revenu © Maxppp / Patrick GUYOT

Faut-il y voir un premier pas vers un nouveau report de la réforme ? Le chef de l'État souhaite des "réponses précises" et se donne quinze jours avant de donner, ou pas, son feu vert sur la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier prochain. Les spéculations sur un éventuel report se sont multipliées ces derniers jours et les dernières déclarations du chef de l'État risquent de renforcer l'incertitude au sein de son propre gouvernement mais aussi.... des entreprises.

La possibilité d'un report du prélèvement à la source ne chagrine pas vraiment les patrons des petites et moyennes entreprises. Et pour cause, une étude réalisée en 2017 par le cabinet Mazars montre qu'ils sont ceux qui subiraient le plus les conséquences de cette réforme : le coût par salarié sera plus élevé pour les TPE et PME que pour les grands groupes. Ce coût est par exemple évalué à 50 euros par salarié, lors de la mise en œuvre, pour une petite structure de cinq salariés (soit 250 euros au total).

"On ne sait pas si on doit se préparer"

Laurent Rigaud, boucher-charcutier à Wambrechies près de Lille, applaudit donc des deux mains la perspective d'un report. Rien n'est prêt dans son commerce situé dans la banlieue de Lille, et l'artisan boucher n'est pas pressé, loin de là. Car il devra faire appel à un comptable privé pour lui préparer les bulletins de paye de ses 20 salariés. Des frais en plus qui ont fini de le convaincre qu'un report de la réforme, voire sa suppression, serait la meilleure solution : "Notre comptable nous a dit que ça va nous coûter environ 2.000 euros. Emmanuel Macron se rend compte que passer en force risque d'être compliqué, donc il a tout à fait raison de prendre un peu de recul."

À l'inverse, Frédéric Thirier, qui dirige trois sociétés d'enseignes lumineuses dans les Vosges, ne sait plus trop quelle attitude adopter. Il prépare actuellement l'agenda pour appliquer la réforme, avant son top départ le 1er janvier prochain.

"On ne sait pas si on doit se préparer et mettre en place des choses avec le cabinet comptable. Tout cela va nous coûter de l'argent", déplore ce patron. "Si on prépare quelque chose mais que ça ne se fait pas, c'est gênant. Et en même temps si on ne se prépare pas, mais que la réforme est mise en place, on risque d'être pris de cours". Si report il y a, "il doit être utile" affirme pour sa part la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

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