passe d’armes à distance entre gattaz et ayrault sur le pacte de responsabilité
passe d’armes à distance entre gattaz et ayrault sur le pacte de responsabilité © reuters

Syndicats et organisations patronales se réunissent aujourd'hui à 11h au siège du Medef, pour une première discussion très attendue sur la mesure annoncée par François Hollande. Une discussion qui s'annonce serrée mais plus consensuelle que prévu.

Évidemment, ce n'est qu'un premier pas dans l'élaboration de ce fameux pacte de responsabilité.

Aujourd'hui, on se contentera sans doute de fixer le calendrier et la méthode de la concertation, qui doit en principe déboucher en avril. Le compromis à trouver semble encore loin, et pour cause : le camp des patrons lui-même semble hésiter sur sa position. Entre le million d'emplois arboré en pin's et son refus de s'engager sur des objectifs chiffrés, Pierre Gattaz semble tergiverser.

Les précisions de Delphine Simon

Côté syndicats, la CFDT n'est pas opposée au pacte, mais elle entend se battre sur des contreparties, des objectifs chiffrés négociés au niveau des branches. Laurent Berger veut des engagements concrets sur les emplois et les investissements. FO, elle, ne croit pas aux contreparties : personne ne peut obliger une entreprise à embaucher, affirme Jean-Claude Mailly, qui rejette la logique même du pacte. Son collègue de la CGT est plus enclin à négocier, sans se faire d'illusions sur le "cadeau" que représente le pacte pour le patronat.

Autre volet de la discussion, les 30 milliards d'euros de baisse des charges des entreprises. Le Medef a donné son scénario il y a quelques jours, il propose un maintien du CICE (la CFDT a fait savoir qu'elle y est favorable).

Sacré retournement pour le patronat qui n'y voyait jusqu'ici que complexité, Delphine Simon

Des signes d'apaisement sur l'assurance chômage

Est-ce le signe d'une période de bonne volonté ? En tout cas le Medef a assoupli sa position sur plusieurs points d'achoppement des négociations entre les partenaires sociaux sur l'assurance-chômage, autre question cruciale à négocier ces prochaines semaines. Notamment sur la question du régime particulier des intermittents du spectacle et celles des "droits rechargeables".

"Ça s'est passé un peu plus sereinement. On est passé du stade de la posture à celui de la mise en mouvement", a explique ainsi Véronique Descacq, de la CFDT. Le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, s'est en effet dit prêt à discuter de solutions différentes de celles proposées par le patronat, un projet d'accord très contesté par les syndicats.

Il proposait notamment dans ce texte d'aligner le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle sur le droit commun, ce qui reviendrait pratiquement à supprimer ce régime.

Il n'y a pas qu'une solution possible. Nous allons les examiner dans les jours qui viennent. Nous avons noté également la possibilité de débattre sur le rôle respectif de l'Unedic et de l'Etat sur ce sujet.

Le négociateur de la CGT Eric Aubin y voit un (premier ?) recul de l'organisation patronale sous la pression de la mobilisation des intermittents, très présents hier.

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