Faut-il que l’État reprenne la main sur l'assurance-maladie ? Faut-il réformer son financement ou réduire les indemnisations chômage ? Les propositions des candidats à la loupe.

L'assurance-chômage et les propositions des candidats déclarés à la primaire de la gauche et à la présidentielle de 2017.
L'assurance-chômage et les propositions des candidats déclarés à la primaire de la gauche et à la présidentielle de 2017. © Maxppp / Vincent Isore

Nouvelle réunion, ce mercredi, sur l'assurance-chômage dans les locaux du Medef. Syndicats et patronat vont tenter de relancer les négociations, au point mort depuis juin dernier. La veille, le président du Medef Pierre Gattaz n'a pas exclu de laisser l'État reprendre la main, éventuellement temporairement, sur l'assurance-chômage si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à s'entendre. Le régime croule toujours sous un déficit de plus de 4 milliards d'euros et une dette record de 30 milliards. A quatre mois de l'élection présidentielle, plusieurs candidats ont inscrit cette question dans leur programme.

François Fillon : le plus radical

Le candidat de la droite et du centre prévoit 10 milliards d'euros de réduction sur l’assurance-chômage. Pour cela, François Fillon propose de réduire le montant de l’allocation de 25% au bout de six mois d’indemnisation, contre 24 à 36 mois aujourd'hui (l'Institut Montaigne estime que cette mesure permettrait d'économiser 4 milliards d'euros par an) mais aussi de plafonner l'indemnité mensuelle à 75% du dernier salaire net. Objectif : faire des économies et inciter les chômeurs à retrouver du travail. Parallèlement, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy compte retirer la garantie de l’État aux emprunts contractés par l’Unedic – en déficit de 3 à 4 milliards d'euros par an – et il se dit prêt à nationaliser l’assurance-chômage si les organisations patronales et syndicales gestionnaires du régime refusent ses réformes.

Emmanuel Macron pour rôle accru de l’État

"Candidat du travail" autoproclamé, Emmanuel Macron a dévoilé, fin décembre, ses mesures choc sur l'assurance-chômage : une gestion par l'État et non plus par les partenaires sociaux et un financement par l’impôt et non plus par des cotisations sociales. Concrètement, le fondateur du mouvement En Marche ! compte supprimer les cotisations maladie et d'assurance-chômage payées par les salariés et les remplacer par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour augmenter le pouvoir d'achat. Cette hausse de la CSG serait limitée à 1,7 point pour tous, y compris sur les revenus du capital et pour les retraités les plus aisés. Seuls les retraités les plus modestes et les chômeurs en seront épargnés. L'ancien ministre de l’Économie propose également une assurance-chômage universelle, incluant les salariés mais aussi les autoentrepreneurs, les artisans, les indépendants et les salariés qui démissionnent après au moins cinq ans d’activité. Enfin, il est opposé à la dégressivité des allocations chômages et au revenu universel.

Primaire de la gauche : dialogue social et revenu universel

Manuel Valls entend laisser la question des indemnisations au dialogue social. Mais il prévient : en cas d’échec des négociations avec les partenaires sociaux, l’État prendra ses responsabilités. Pas de revenu universel pour l'ancien Premier ministre qui propose plutôt un revenu "décent", fusionnant une dizaine de minima sociaux et allant jusqu'à 850 euros par mois. Une mesure qu'il chiffre à 30 milliards d'euros et qui serait financée par la branche famille de la Sécurité sociale.

Benoît Hamon milite pour un grand impôt sur le revenu qui fusionnerait l'impôt sur le revenu et la CSG – qui finance la protection sociale donc une partie de l'assurance-chômage – avec dix tranches. La mesure phare de l'ancien ministre : la création d'un revenu universel d’existence d'environ 750 euros.

François de Rugy. Le cofondateur du mouvement Écologistes ! ne compte pas changer le niveau de protection des chômeurs mais son financement. Il prévoit de supprimer sur cinq ans les cotisations des entreprises alimentant la branche famille de la Sécurité sociale, celle-ci serait alors financée par une augmentation de la CSG, en excluant les chômeurs et les petites retraites. Les employeurs publics exonérés seront assujettis à une cotisation à l’Unedic. Sylvia Pinel, au Parti radical de gauche, défend l’idée d’un grand impôt personnel et progressif payé par tous en fusionnant l’impôt sur le revenu, la CSG et une partie des cotisations sociales salariées.

Les candidats qui ne changent rien… ou presque

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, ne veut remettre en cause ni le système paritaire ni le niveau d’indemnisation. Le fondateur du Projet France s'oppose également au revenu universel et propose à la place de travailler sur la formation, l’insertion et les contrats d’activité pour faire baisser le chômage.

Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de La France insoumise dénonce l'idée d'Emmanuel Macron de reporter le financement de l'assurance chômage sur la CSG et qualifie de "recul" la position de François Fillon sur la réforme de l'assurance-chômage.

Marine Le Pen ne compte pas changer le système actuel, du moins pas dans les grandes lignes. Elle promet tout de même d'améliorer la protection sociale pour éviter "le saccage social", selon le parti. La présidente du Front National estime aussi que les Français et l’État doivent avoir un peu plus leur mot à dire sur la gestion de l'assurance-maladie qui incombe aujourd'hui aux partenaires sociaux.

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