Invitée de France Inter ce lundi matin, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France explique notamment que sa région siégera quoi qu'il arrive au conseil d'administration du groupe, et que les départements franciliens pourraient aussi y être présents.

Vue d'un avion depuis l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle
Vue d'un avion depuis l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle © AFP / Eric Piermont

Valérie Pécresse le promet : elle n'est pas "par principe hostile à ce que nos aéroports soient gérés par des personnes privées, des sociétés privées". Elle cite les exemples de Lyon ou Nice, où "ça se passe très bien", mais aussi celui de Toulouse, où "ça se passe très mal" (en 2014, l'aéroport toulousain avait vu un groupe issu d'un consortium chinois acheter près de la moitié des parts, avant de décider de les revendre début 2019). Pour elle, tout l'enjeu est d'établir "des garde-fous", qu'elle assure avoir obtenus de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances.

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Le premier d'entre eux, c'est que "la région puisse siéger au conseil d'administration" : "ça a été acté par le gouvernement et ça devrait être entériné au conseil d'administration d'ADP cette semaine". Un contrôle local qui pourrait être renforcée au-delà de la région, puisque sa présidente rappelle qu'il y a "une proposition des départements franciliens de rentrer au capital", ce qui pourrait "être une manière d'organiser des blocs de contrôle".

Selon Valérie Pécresse, d'autres éléments sont de nature à "rassurer" sur la privatisation annoncée du groupe : "le contrôle sur tous les survols d'Orly", "le maintien du couvre-feu", "qu'on puisse revoir le cahier des charges tous les dix ans", notamment. Et elle espère que l'État conservera la possibilité de "révoquer les choses s'il y avait une prise de contrôle par des intérêts étrangers".

Une privatisation absurde, selon toutes les oppositions

Reste à s'assurer que ce nouveau fonctionnement soit "extrêmement transparent", selon la présidente de la région Île-de-France, qui se dit "favorable à ce que l'équipe d'investigation de Radio France regarde ce qui se passe"...

Sur le principe, elle ne s'oppose donc pas à cette privatisation, mais regrette qu'elle soit décidée "pour des raisons uniquement financières" : "à terme, le meilleur calcul financier, ce serait de baisser la dépense publique, de baisser les impôts, et de continuer à avoir ce bijou de famille qu'est l'aéroport".

La privatisation du groupe Aéroports de Paris a été votée à l'Assemblée nationale le 15 mars dernier, sur fond de vive opposition à gauche comme à droite, tous dénonçant "une mauvaise affaire", voire "une faute économique, stratégique et historique". Des représentants socialistes, communistes et insoumis ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel, évoquant un "cadeau à Vinci", quand un député LR évoquait lui "un capitalisme de connivence". Tous s'interrogent sur cette concession de 70 ans, défendue par Bruno Le Maire, d'un groupe qui a réalisé près de 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2018.

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