46,24 dollars pour un baril de brut léger américain. 56,26 dollars pour le Brent. Les cours du pétrole sont retombés mercredi sous des niveaux jamais atteints depuis l'automne 2017. Pourtant, les prix de vente des carburants n'ont pas retrouvé leurs niveaux de 2017.

Les prix à la pompe varient peu en fonction du cours du baril de pétrole
Les prix à la pompe varient peu en fonction du cours du baril de pétrole © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Si, à la pompe, on n'a pas vraiment l'impression que la baisse des cours du pétrole est répercutée, c'est parce que le cours du pétrole a une influence assez minime sur le prix de vente des carburants au litre.

Le tarif le plus bas du cours observé en 2017 était de 46,37 dollars pour un baril de Brent en juin. À cette époque, le prix moyen à la pompe, en France, s'établissait à 1,1802 euros le litre pour le gazole, 1,3439 pour du sans plomb 95 et 1,4111 pour du sans plomb 98. La semaine dernière, le tarif moyen des carburants à la pompe avoisine 1,4247 euros pour le gazole, 1,4319 pour le sans plomb 95 et 1,4968 pour le sans plomb 98.

Si on décompose le prix du carburant, il se compose de la matière brute, à savoir le pétrole, de son raffinage, de son transport et sa distribution et enfin des taxes. 

Le prix du brut compte de moins en moins dans le prix du gazole ou de l'essence à la pompe

Les raffineries ne disposent pas réellement de flexibilité pour jouer sur les prix : elles doivent déstocker le pétrole qui a été acheté et lissent donc les prix en conséquence. 

Par ailleurs, elles ne peuvent plus vraiment jouer sur leurs marges car cette dernière a tendance à baisser drastiquement ces dernières années. Selon le ministère de la Transition énergétique et solidaire, la marge moyenne brute de raffinage s'élève à 27 euros la tonne sur les trois premiers trimestres de l'année 2018, contre 34 euros la tonne en 2018 et 45 euros la tonne en 2015. Quand aux marges brutes moyennes de transport et de distribution en France, elles restent très stables : autour de dix centimes pour un litre. 

Pour résumer, marge brute + raffinage + transport et distribution pèsent moins de 30 % du prix du carburant à la pompe.

La fiscalité est forte

Elle peut certes jouer sur la "marge brut de raffinage", mais cette dernière a tendance à avoir nettement baissé ces dernières années. Dans le détail, si on compare les prix moyens mensuels des carburants en sortie de raffinerie (HT) et les prix de vente (TTC), on peut remarquer que la part taxée varie très peu : en moyenne, le prix à la pompe se compose pour 70 % de taxes (TVA, TICPE etc.).

Critiqué sur la taxe sur les carburants, qui vient s'intégrer dans la TICPE ou Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, le gouvernement avait martelé que cette taxe carbone n'avait qu'une faible incidence sur la hausse des prix. C'est vrai, mais la TICPE au global, ainsi que la TVA représentent une part très lourde dans le prix final. Et c'est pourquoi le prix de l'essence reste élevé.

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