Accusée d’exercice illégal de la profession de taxi, l’application de transport entre particuliers sera fixée sur son sort ce jeudi. Les autres plateformes aussi.

Dans sa vidéo "La voix des jeunes", l'application revendique "plus de 45.000 jeunes (qui) ont défendu Heetch sur Twitter".
Dans sa vidéo "La voix des jeunes", l'application revendique "plus de 45.000 jeunes (qui) ont défendu Heetch sur Twitter". © capture d'écran Youtube

Des noctambules qui partagent leurs trajets en voiture, moyennant finance... Ce que propose Heetch pourrait s’apparenter à du taxi illégal et c’est pour cela que dans cette affaire 1.500 chauffeurs de taxis se sont portés partie civile. Le 9 décembre dernier, le parquet de Paris avait pris des réquisitions sévères : 300 000 euros d’amende contre Heetch, une interdiction de diriger toute entreprise pendant deux ans pour les deux fondateurs ainsi qu’une amende de 10 000 euros contre chacun d’entre eux. Les dirigeants Teddy Pellerin et Mathieu Jacob ont protesté de leur bonne foi, se disant "convaincu de la légalité" de leur application. Selon eux, en limitant les revenus des conducteurs à 6 000 euros par an, leur application permettrait seulement le "partage des frais" du véhicule.

Le jugement sera rendu en début d’après-midi, ce jeudi 2 mars. Les plateformes VTC y seront particulièrement attentive parce qu'il pourrait relancer leur activité mise en sommeil ou bien l'enterrer définitivement. Yves Weisselberger, président de la FFTPR explique :

Nous suivons le procès avec intérêt, pour savoir ce que la loi autorise ou pas

UberPop : la bête noire des taxis

Lancée en février 2014 dans plusieurs villes françaises, l’application Uber propose un service de transports entre particuliers : UberPop. Sans licence, ni formation particulière, 10 000 chauffeurs non-professionnels transportent 400 000 utilisateurs. Après de multiples crispations avec les taxis, en juillet 2015, la maison mère californienne renonce à UberPop en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique… Deux mois plus tard, le Conseil constitutionnel en confirme l’interdiction. Aujourd’hui l’application Uber ne propose plus que du transport par VTC.

Décisions de justice : UberPop suspendu avant les procès, c’est Uber Francequi est condamné deux fois. En décembre 2015, 150 000 euros d’amende pour "pratique commerciale trompeuse", puis en juin 2016, 400 000 euros pour "concurrence déloyale".

Djump : le cousin éloigné de Uber

La startup belge Djump, à l'origine spécialisée dans le covoiturage, est lancée en mars 2012 . Elle s'oriente ensuite vers le taxi entre particuliers mais à une échelle bien plus petite que Uber. Si petite que Djump saute la frontière belge pour s'installer à Paris et Lyon. La capitale française représente alors 85% de ses activités. Mais, comme UberPop, les relations se tendent avec les chauffeurs de taxis. En juillet 2015, la startup met un terme à ses activités à Paris. "Nous avons été dans l'obligation de suspendre Bruxelles et Lyon également" explique son fondateur Tanguy Goretti à la RTBF.

Heetch : la solution "de mobilité nocturne"

Dérivé de l'anglais hitch-hiking, littéralement auto-stop, Heetch se revendique comme une application de covoiturage de 20h à 6h. Sauf qu'à l'inverse de BlablaCar, ce n'est pas le chauffeur mais le passager qui fixe la destination. Lancée en août 2013, elle transporte aujourd'hui 100 000 personnes par semaine, sans tarification imposée. Selon les fondateurs, 70% des trajets se feraient vers la banlieue. Ce qui devient, dans la communication du groupe, un argument marketing. Dans deux vidéos, Heetch se présente comme protecteur de la jeunesse et appelle à utiliser le hashtag #touche pas à mon Heetch.

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