En un an, le CAC 40 et ses grandes entreprises ont gagné près de 5% de chiffres d'affaires. Parmi les autres indices de bonne forme, la hausse des profits et le retour en grâce des entreprises françaises sur le marché européen, une première en 12 ans. Seul point noir : la baisse inédite des investissements.

En 2017, seules 8 entreprises ont connu une baisse au CAC 40, contre 17 en 2016.
En 2017, seules 8 entreprises ont connu une baisse au CAC 40, contre 17 en 2016. © Klaus Ohlenshläger

Le CAC 40, qui comme non nom l'indique, rassemble les 40 entreprises françaises ayant la plus importante capitalisation boursière, a fêté ses 30 ans fin 2017. Affecté par de nombreuses fluctuations et symbole d'un capitalisme fustigé par bon nombre, l'organisme connait depuis deux à trois ans un regain de santé, sans retrouver toutefois son niveau d'avant crise. C'est en tout cas ce que semble rapporter la 12e édition du "profil financier du CAC 40" publié par le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance, en collaboration avec Ernst and Young, qui dresse chaque année le bilan de l'évolution des performances financières des sociétés qui la compose.

La croissance attendue depuis plusieurs années est donc au rendez-vous puisque le chiffre d’affaires des entreprises du CAC 40 progresse de 5 % par rapport à 2016. Au total, les résultats nets s’élèvent à 94 milliards d'euros, soit 17 milliards de plus que l'an passé et des bénéfices  comparables en valeur à ceux de 2007, qui s’élevaient à 96 milliards. 

Un regain de forme qui se poursuit

Depuis 2016, les grandes entreprises françaises se portent mieux. En 2016, près de la moitié des sociétés avaient connu une baisse de leur activité, contre 8 seulement en 2017. Cette large progression du chiffres d'affaires s'explique notamment par le fait que les sociétés ont enregistré un meilleur taux de croissance lié à une augmentation de ses ventes en termes de volume et de prix. 

" Les sociétés françaises du CAC 40 ont enregistré 4% de marge supplémentaires entre 2016 et 2017 pour atteindre 1 306 milliards de chiffres d'affaires"

De la même façon, les profits générés par les entreprises ont atteint un niveau comparables à la situation d'avant-crise et fait un bond de 22% par rapport à l'année 2016 : Sanofi, Arcelor-Mittal, LVMH, Airbus, ou encore Engie en tête.  À l'inverse, les sociétés ont perdu 14,4 milliards d'euros de valeur sur le marché au cours de l'année 2017, soit 2 milliards de plus qu'en 2016. Toutefois, la dégringolade des groupes Lafarge et Total représentent à eux seuls, 50% de cette perte. 

L’activité reprend et l’internationalisation se stabilise

Depuis la création du "Profil financier du CAC 40" en 2006, la part de l'Europe dans l'activités des grandes entreprises françaises n'avait eu de cesse de baisser. Pour preuve, l'Europe représentait 72% de la part du chiffre d'affaires des sociétés en 2006 et enregistre une perte de 16 points pour atteindre 56% en 2017. Fait notable cependant, c'est la première fois en 12 ans que ce taux se stabilise. Preuve d'une reprise des sociétés française sur le marché européen. Sur cet échantillon, la France représente à elle près de la moitié des recettes.

Les entreprises du secteur Industries et BTP apparaissent largement en tête de ce classement avec 16 entreprises enregistrées au CAC 40 pour 39% du chiffre d'affaires total. 

Une baisse historique de l'investissement...

Moins 15% sur un an. Le chiffre a de quoi faire peur. D'autant qu'on a pas vu pareille baisse depuis les douze ans d'existence de l'étude. Mais pas de panique, cette baisse est en fait due à un ensemble de circonstances particulières. Comme pour la perte de valeur, la dégringolade du groupe Total et la concentration des pertes sur un petit noyau d'entreprises y sont pour beaucoup. La société de Patrick Pouyanné qui fait face à une baisse des cours du pétrole a ainsi investie 5 milliards de moins qu'en 2016. Parallèlement, le groupe hôtelier Accor avait réalisé lors de cette même année un investissement exceptionnel de 3 milliards d'euros.

Autre effet de cette baisse record, l'investissement avait bondi de 5 milliards à l'occasion de l'entrée de Nokia dans l'indice boursier. En excluant ces quelques facteurs, l'investissement est stable depuis 2015 autour des 70 milliards. Total, Orange, Engie, et les constructeurs PSA et Renault prenant à eux seuls près de la moitié de cette part. 

... et de la dette

L’endettement net baisse pour la sixième année consécutive, et s’établit à 159 Md€ au 31 décembre 2017, loin des 261 milliards de 2008. C’est le niveau le plus bas depuis le début de l'étude en 2006. Pourtant, sur 40 entreprises, seules 8 entreprises ont une trésorerie positive. De son côté, avec 1 494 milliards fin 2017, la capitalisation boursière du CAC 40 a dépassé son niveau de clôture d'avant la crise. Son rythme de progression s’accélère : +11 % contre +9 % en 2015 et en 2016. Cette augmentation de la valorisation trouve naturellement son origine dans l’amélioration des résultats des entreprises de l’indice.

En conséquence, le montant total des dividendes à distribuer en 2018 au titre des résultats de 2017 atteint 47 milliards, soit une hausse de 1 milliard par rapport à l’an passé. Ce montant qui correspond aux sommes reversées aux actionnaires par les entreprises est un record depuis 2006. Cette année, 34 entreprises ont versé plus de dividendes.

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