PSA Peugeot Citroën a obtenu vendredi la fin de la grève à l'usine d'Aulnay-sous-Bois à l'issue de négociations avec la CGT, moyennant l'abandon des poursuites contre certains grévistes et l'indemnisation d'une centaine de départs anticipés.

Le site de Seine-Saint-Denis, voué à la fermeture définitive en 2014, était quasi paralysé depuis janvier par une grève, à l'appel de la CGT, qui a profondément divisé les syndicats et les salariés de l'usine.

Selon la direction, 14.000 Citroën C3 ont été perdues sur les trois premiers mois du mouvement qui a été suivi par cent à deux cents grévistes.

Dans le cadre de l'accord conclu vendredi, la CGT renonce également à son recours en justice contre le plan de restructuration de PSA.

Le plan social du constructeur automobile, qui prévoit 8.000 suppressions d'emplois en France sur la période 2013-2014 pour endiguer de lourdes pertes financières, reste contesté en justice par le syndicat Sud et par des représentants de salariés d'un site de la filiale Faurecia. Concernant cette dernière plainte, le tribunal de grande instance de Paris doit rendre sa décision le 6 juin.

Jean-Pierre Mercier, représentant de la CGT à Aulnay, a estimé que les quatre mois de grève avaient permis de peser dans la négociation sur la restructuration.

Il s'est aussi félicité d'avoir obtenu l'annulation des poursuites pénales et disciplinaires contre les grévistes accusés par la direction de dégradations ou de violences, ainsi qu'une indemnité forfaitaire supplémentaire pour ceux qui choisiraient de quitter le groupe avant la fin du mois.

Philippe Dorge a expliqué que l'indemnisation correspondait notamment aux 10.500 euros d'accompagnement-formation prévus par le plan social et auxquels deux tiers environ des 180 grévistes semblent vouloir renoncer en quittant le groupe dès la fin mai, ans attendre l'issue de la période de volontariat.

Aulnay sera la première usine automobile à fermer ses portes en France depuis plus de vingt ans. Le travail doit y reprendre normalement mardi et la production continuera tant que 'effectif sur place le permettra.

PSA prévoit de transférer environ 1.600 des 2.500 salariés 'Aulnay vers d'autres sites, essentiellement l'usine voisine de Poissy (Yvelines). Il proposera aux 900 autres de rejoindre des entreprise comme ID Logistics, dont le projet d'entrepôt sur le site devrait voir le jour d'ici la fin de l'année prochaine, ou encore ADP, la SNCF et la RATP.

Sur le parking, certains salariés qui avaient subi la grève -marquée par des dégradations, des jets de boulons et des menaces de mort dénoncées par les syndicats non grévistes et la direction- se montraient écoeurés. "C'est injuste", grince Patrice, ouvrier non gréviste. "Ils n'ont pas le droit. On ne peut pas donner qu'aux grévistes, c'est de la discrimination syndicale", acquiesce un autre ouvrier, baskets et veste noire, à la sortie de l'usine.

Reportage de Claire Flochel

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