PSA - GM : alliance à trois vitesses
PSA - GM : alliance à trois vitesses © Reuters

PSA Peugeot Citroën et General Motors abandonnent leur projet commun de grande berline, mais élargissent leur alliance aux moteurs. Fin octobre, les deux constructeurs avaient pré-selectionné quatre projets de véhicules à développer ensemble - monospace et crossover compact type 3008, petit monospace type C3 Picasso, petite berline et grande routière - pour une commercialisation à partir de 2016. Finalement, les deux constructeur n'ont retenu que les trois premiers projets.Le communiqué précise tout de même que "d'autres projets de co-développement sont à l'étude et renforceront encore l'alliance. Ils feront l'objet d'annonces ultérieures."Reste à savoir où seront conçus et produits ces trois futurs programmes. PSA et Opel, filiale européenne de GM, sont en effet confrontés à d'importantes surcapacités en France et en Allemagne. Sur cette question, Philippe Varin ne se prononce pas. Dans une interview au Monde de vendredi, il se contente de dire "qu'il est trop tôt pour le dévoiler."

Les explications de Marion L'Hour

La perspective d'un travail commun sur les grandes berlines et breaks avait suscité des craintes sur le site de PSA à Rennes (Ille-et-Vilaine). Mais la direction a tenu dès l'automne dernier à rassurer ses salariés du site rennais, en promettant qu'il produirait en 2016 la remplaçante de l'actuelle Citroën C5. Du côté, les craintes se sont retournées vers l'Allemagne, où les syndicats d'Opel craignent un transfert des activités de recherche ou de production de l'autre côté du Rhin.

Des moteurs français pour GM

Mi-novembre, des sources proches du dossier avaient indiqué que les deux partenaires avaient revu à la baisse leurs ambitions communes, échaudés par la complexité du dossier en Europe et par l'intervention de l'Etat en France. PSA n'avait pas le choix. Depuis un an, le groupe perd 200 millions d'euros par mois et a également dû faire appel en octobre à la garantie de l'Etat pour sa filiale bancaire en difficulté. Alors pour poursuivre son développement à l'international et sa stratégie de montée en gamme, il devait développer une alliance avec GM. Philippe Varin espère "revenir à l'équilibre en cash opérationnel à fin 2014."Si un projet a disparu à nouveau de la liste des priorités des deux groupes, après celui de boîte de vitesse DCT, un autre a été ajouté. PSA et General Motors vont ainsi développer en commun la future génération de petits moteurs essence trois cylindres que vient de lancer PSA. Ceux-ci sont produits à Tremery (Moselle) et à Douvrin (Pas-de-Calais).Ils comptent également étudier de nouveaux projets de véhicules et d'usines en Amérique latine. En octobre, l'abandon d'un programme de petite voiture pour les marchés émergents, Amérique du Sud en tête, avait décontenancé les analystes alors que ceux-ci y voyaient pour PSA l'un des atouts les plus prometteurs de l'alliance avec GM.Vers 11h30, l'action du constructeur automobile français gagnait 0,45% à 5,62 euros. L'indice des valeurs automobiles européennes prenait à la même heure 0,22%. Le titre a perdu environ 47% depuis le début de l'année et sa capitalisation boursière ressort à près de deux milliards d'euros.Les deux groupes ont également annoncé la signature de l'accord définitif pour la création d'une co-entreprise commune dans les achats à l'échelle mondiale, premier volet de leur coopération. Les deux groupes attendent chacun de leur alliance un milliard d'euros de synergies par an d'ici cinq ans.

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