Le cabinet d'expert évoque la necessité de fermer l'usine d'Aulnay-sous-bois, la nécessaire restructuration, rien de très positif... En revanche, le site de Rennes pourrait être moins touché que prévu. PSA aurait la possibilité de conserver 560 emplois (contre 1.400 annoncés à l'origine).

Les précisions de Marion L'Hour

Le plan B de la CGT

"Le plan Varin", du nom du PDG de PSA prévoit 8 000 suppressions de postes. Pour la CGT, le plan en l'état compromettrait l'avenir de PSA et l'ensemble de la filière automobile. Il provoquerait "le rétrécissement de la gamme et en affaiblissant les capacités de la R&D", secteur fortement touché avec 1.400 suppressions de postes prévues dans le plan présenté en juillet.

Jean-Pierre Mercier, le leader de la CGT

La CGT propose un plan B : elle s'appuie sur les rapport Secafi et Sartorius (commandé par le gouvernement) et souligne la nécessité d'une restructuration financière et préconise un apport de 1,5 milliard d'euros au capital de PSA de la famille Peugeot et de ses sociétés financières FFP et Peugeot Frères.

Selon la CGT, la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois en 2014 n'est "ni inéluctable ni industriellement justifiée" et entraîne par ailleurs des surcharges sur certains sites, dont Sochaux, à l'horizon 2016-2018.

La CGT PSA propose pour le volet industriel un scénario permettant la répartition des productions entre les sites, y compris celui de Seine-Saint-Denis, en utilisant la souplesse du site de Mulhouse.

L'équilibrage est assuré par le transfert de productions des sites les plus chargés (Trnava en Slovaquie, Sochaux) vers les sites les moins chargés (Aulnay et Mulhouse).

Secafi a conclu à la faisabilité de ce scénario. Il permettrait de faire tourner toutes les usines mais nécessite 97 millions d'investissements, dont 20 millions de frais transitoires, amortis sur 7 ans, selon la CGT.

Face à la fermeté de la direction du groupe, le syndicat brandit comme arme dans la négociation d'éventuelles actions en justice, notamment sur le flou, souligné par Secafi, entretenu par la direction sur les effectifs et les suppressions de postes déjà réalisées ou envisagées.

Le constructeur allemand Opel a décidé de son côté de supprimer une usine à Bochum tout en assurant vouloir préserver 3 000 emplois.

> Le rapport Secafi

La CFDT a également proposé un plan B. Elle appelle elle aussi les actionnaires de PSA à "mettre la main à la poche", tout en proposant en plus la mise en place à Aulnay d'un grand pôle francilien de "déconstruction-recyclage" de voitures, qui puiserait dans un gisement estimé à près de 300.000 véhicules chaque année.

Elle prône aussi le passage à 32 heures de travail hebdomadaire à Poissy, pour permettre d'accueillir davantage de salariés d'Aulnay, ainsi qu'à Rennes pour préserver l'emploi jusqu'au renouvellement de la gamme produite sur le site.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.