les syndicats de psa ont une semaine pour sonder leur base sur l’accord de compétitivité
les syndicats de psa ont une semaine pour sonder leur base sur l’accord de compétitivité © reuters

La question du redressement du groupe PSA Peugeot Citroën n'est pas en priorité celle d'une entrée de l'Etat ou d'un autre constructeur automobile dans son capital mais plutôt le développement de "bons partenariats industriels", a déclaré samedi le ministre français de l'Economie.

Selon des sources proches du dossier, PSA prépare une augmentation de capital de trois milliards d'euros, partagée à égalité entre l'Etat français et le chinois Dongfeng.

Pierre Moscovici a cependant déclaré:

La question aujourd'hui n'est pas d'abord celle de l'entrée de l'Etat ou d'un constructeur au capital, c'est celle des bons partenariats industriels à développer pour PSA. Et puis, il y a aussi des enjeux économiques, sociaux, industriels tout à fait majeurs, liés à la situation de l'industrie automobile française et notamment ce constructeur.

Il a souligné que l'Etat français suivait le constructeur automobile "avec attention" et fait valoir que c'était "tout à fait logique" compte tenu de la garantie apportée à la filiale bancaire PSA Banque, à hauteur de sept milliards d'euros.

La stratégie de PSA est définie par la direction du groupe, qui a fait savoir qu'elle travaillait à l'extension du champ de ses partenariats industriels existants, notamment avec General Motors et Donfeng, a-t-il rappelé. L'Etat suit notamment la mise en oeuvre de cette stratégie du groupe "à travers le comité de suivi de la garantie", a ajouté Pierre Moscovici.

Des rumeurs venues de Chine

La plupart des dirigeants syndicaux voient également d'un bon oeil la perspective d'une prise de participation substantielle du chinois Dongfeng Motor, si elle se confirme.

Selon des sources proches du dossier, PSA prépare une augmentation de capital de trois milliards d'euros, partagée à égalité entre l'Etat français et Dongfeng - information que la présidence, services du Premier ministre et du ministre de l'Economie ont refusé jusqu'ici de commenter.

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Les dirigeants syndicaux disent n'avoir aucune information sur ce projet. Christian Lafaye, de Force ouvrière, a seulement confirmé que des dirigeants de PSA étaient partis pour la Chine - "Ils sont partis hier", a-t-il dit. Xavier Lellasseux, de la CFDT, s'est déclaré "agréablement surpris mais étonné" d'une éventuelle participation de l'Etat.

Il a ainsi déclaré:

C'est étonnant parce que l'Etat français n'a pas beaucoup d'argent. On ne s'attendait pas à ce que l'Etat injecte de l'argent dans le secteur automobile, d'autant que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a quand même dit que l'automobile n'était pas un secteur d'avenir. Si c'était avéré, c'est plutôt une bonne nouvelle parce qu'il est absolument vital d'avoir une augmentation de capital. Que l'Etat mette de l'argent, c'est bien.

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Un avis partagé par Christian Lafaye, pour qui l'Etat jouerait ainsi son rôle :

Il faut regarder en face la situation de l'industrie automobile en France. Si cette industrie n'est pas requinquée rapidement, il n'y aura plus d'industrie automobile en France.

L'un et l'autre estiment également que l'arrivée de Dongfeng dans le capital de PSA serait une bonne chose. Les investisseurs chinois sont en général plus soucieux d'un investissement industriel que d'une rentabilité comme pourrait l'être un hedge fund américain ou canadien", souligne Xavier Lellasseux.

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