Quel impact aura le boycott de Google et sa filiale de vidéo YouTube en France ?

Au siège de Google, à New-York, on ne semble pas autrement inquièt
Au siège de Google, à New-York, on ne semble pas autrement inquièt © AFP / Serge Attal

Depuis le 17 mars et les révélations du journal The Times, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, certains annonceurs ont suspendu les publicités de leurs clients sur plusieurs plateformes de Google, dont YouTube. C'est le cas de la filière britannique d'Havas, de l'Oréal, de The Guardian ou de la BBC. Ils reprochent au géant américain d'avoir publié leurs annonces à côté de contenus antisémites, incitant à la haine ou faisant l'apologie du terrorisme.

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Cette grogne peut-elle s'étendre à la France ?

Plusieurs grandes agences de pub parisiennes ont appelé, toute la semaine, avoue-t-on chez Google France, pour "des interrogations légitimes". Quant à dire que le boycott pourrait s'étendre, on en est loin.

Le PDG d'Havas, Yannick Bolloré, a par exemple immédiatement temporisé en rappelant, publiquement son "partenariat très fort avec Google". Publicis, de son côté, reste certes "vigilant", mais ne veut "rien retirer".

Pas étonnant pour Alexandre Iatridès, analyste chez Oddo BHF. Il rappelle que les annonceurs dépendent, en partie, de Google : "Ces plateformes font baisser les prix et diversifient l’offre auprès des annonceurs. C’est en soi un mouvement qui crée du chiffre d’affaires pour ces mêmes annonceurs qui n’ont pas vraiment intérêt à s'en passer."

D'ailleurs, près de la moitié du marché digital mondial est détenu par Google. Et si ce boycott britannique venait à s'éterniser, l'impact ne représenterait qu'environ 1% de son chiffre d'affaires. Le géant américain craint en fait qu'on attaque sa marque avec cette question, soulevée par le mouvement : peut-on laisser faire les algorithmes ? Alexandre Iatridès résume : "comment est-ce que Google peut garantir aux annonceurs que leur publicité ne soit pas dégradée par des contenus qu'ils ne maîtrisent pas complètement, en laissant faire des algorithmes."

Des algorithmes qui décident, sans intervention humaines, de relier une publicité à une vidéo en fonction, non pas ce que contient cette vidéo, mais son type, sa notoriété et des internautes ciblés. Google promet de multiplier les contrôles et les moyens humains.

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