Près de 2.500 médailles seront distribuées pendant les Jeux Olympiques de Rio, dont 812 en or. Mais certaines ne resteront pas longtemps au cou des sportifs.

Les médailles des athlètes olympiques s'achètent et se collectionnent.
Les médailles des athlètes olympiques s'achètent et se collectionnent. © Maxppp / Antonio Lacerda

Après avoir quitté le podium, certains athlètes ne conservent pas bien longtemps leur médaille. Peu importe leur couleur, toutes se vendent. Pendant les Jeux, 2.488 médailles seront distribuées. Il y en a 812 en or, 812 en argent et 864 en bronze. Les collectionneurs privés et les maisons de ventes aux enchères s'activent en coulisses pour tenter de récupérer ces objets précieux.

Ce n'est pas tant pour la composition des médailles qu'elles sont recherchées : celles en or, par exemple, sont composées à 92.5% d'argent et coûtent environ 550 euros. Elles ne contiennent que 6,7 grammes d'or soit 1,34% de la médaille. Elles sont plutôt convoitées pour leur symbolique. La valeur varie selon les Jeux et l'athlète qui l'a décroché.

Trouver la médaille rare 

En France, une centaine de personnes sont collectionneurs, comme Catherine Salaün, membre de l'AFCOS (l'association française des collectionneurs olympiques et sportifs). Elle a créé une plateforme internet qui regroupe toute une communauté. Ces collectionneurs se déplacent spécifiquement pour les Jeux Olympiques. Catherine Salaün a suivi tous les J.O depuis Albertville en 1992. Elle tente d'approcher les athlètes pour leurs médailles.

Agir en toute discrétion

Les médailles se vendent et s'achètent, donc, mais tout se fait très discrètement, assure Catherine Salaün. Et la transaction ne fonctionne pas à chaque fois. Il arrive aussi que les athlètes se rétractent. La transaction est légale, mais elle est mauvaise pour l'image du sportif.

Un geste "inimaginable" pour certains athlètes

Vendre sa médaille ? Jamais de la vie, pour Emilie Le Pennec, sacrée championne olympique de gymnastique en 2004 lors des Jeux d'Athènes. Elle n'avait que 16 ans à l'époque. Aujourd'hui âgée de 28 ans, il lui est impensable de séparer de sa médaille d'or, même si elle comprend que certains athlètes puissent être dans l'obligation de s'en séparer pour des raisons financières. Angoissée à l'idée qu'on puisse un jour la lui voler, Emilie Le Pennec a préféré ranger sa médaille dans un coffre, à la banque.

"Si je dors dans la rue demain, explique l'ancienne gymnaste, j'y penserais peut-être, mais d'ici là je ne pense pas que je la vendrai. C'est un objet trop sentimental", poursuit Emilie Le Pennec. Un objet qui lui rappelle que sa victoire tant rêvée était bien réelle. De leur côté, les fédérations contrôlent de plus en plus le devenir des médailles.

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