Alors que Jean-Cyril Spinetta vient de rendre au gouvernement son rapport sur la refonte de la SNCF, l'ex-PDG d'Air France venait le défendre ce vendredi matin au micro de France Inter, suivi, quelques minutes plus tard, de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, venu contester les grandes lignes de ce plan.

Jean-Cyril Spinetta, auteur du rapport sur la SNCF, et Philippe Martinez, patron de la CGT, étaient les invités de France Inter ce vendredi 16 février
Jean-Cyril Spinetta, auteur du rapport sur la SNCF, et Philippe Martinez, patron de la CGT, étaient les invités de France Inter ce vendredi 16 février © Radio France / Radio France

Logique comptable contre sauvegarde du statut

Se défendant d'avoir basé son rapport sur une pure "logique comptable", Jean-Cyril Spinetta a tenu à placer ces mesures dans une optique de "concurrence" à laquelle la SNCF doit désormais faire face. Il a également écarté la question de la privatisation : "C’est évidemment impossible. Personne ne songe à privatiser. Quand on vit de 14 milliards d'euros de subventions, c’est impossible à privatiser."

En face, Philippe Martinez a réagi presque immédiatement, et met en garde contre la menace de cette privatisation, qui n'est pas, selon lui, oubliée pour autant : "J'ai quelques doutes (...) Par ailleurs, est-ce que vous pensez que des sociétés privées vont s'occuper de la ligne Brives-Périgueux ? La logique de la privatisation, c'est l'abandon des populations."

La CGT plaide pour la sauvegarde des "petites lignes"

Effectivement, l'ex PDG d'Air préconise aussi de recentrer les investissements de la SNCF sur les grands pôles urbains, plutôt que sur des "petites lignes" qui ne sont plus rentables : 

Une erreur à ne pas commettre au contraire pour Philippe Martinez, qui y voit un "outil pour l'égalité entre les territoires" :  "Quand on change les horaires de train et que ça change la sociologie d'une région, évidemment les usagers ne prennent plus le train."

Grève contre la casse sociale

L'ex-PDG d'Air France estime que ce plan pour la SNCF est capital pour l'avenir de la SNCF : "le problème du statut n'est pas le salaire, mais si le statut est un cadre immuable, alors le statut est négatif", explique l'ex-patron qui estime aussi que "les salariés doivent accepter que, dans un monde qui change, leurs conditions aussi doivent changer".

La réponse du chef de file de la CGT est claire : un mouvement de grève, annoncé pour le 22 mars prochain, "pour que les cheminots défendent leur outil de travail" et surtout contre la "casse sociale" voulue par le gouvernement et dont ce plan représente la première illustration : "Quand on est attaqué, on se défend".

Il faudra qu'on m'explique en quoi le statut des cheminots est la cause des problèmes et des incidents que rencontrent bon nombre aujourd'hui de voyageurs

Il a laissé entendre que la manifestation pourrait s'accompagner d'une grève, en prévenant que "si les salariés de la SNCF sont en grève, il n'y a pas de train et on ne peut plus se déplacer". Cette journée de mobilisation aura lieu le même jour que celle organisée chez les fonctionnaires contre la réforme de la fonction publique.

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