11 bonnets rouges interpellés ces derniers jours
11 bonnets rouges interpellés ces derniers jours © MaxPPP / Gwen Rastoll

Ils étaient entre 15 et 30 000 le 2 novembre 2013 à Quimper. Depuis, les bonnets rouges se font moins entendre. On aurait pu les imaginer se réunir pour les élections régionales mais ils n'en ont rien fait à cause de l'hétérogénéité du groupe. On pouvait y voir un mélange d'agriculteurs, de salariés de l'agroalimentaire, d'artisans mais aussi des patrons.

Lors de ces dernières élections, les militants des bonnets rouges étaient éparpillés sur les listes de droite ou de gauche. Il y a tout de même eu une liste régionaliste, menée par Christian Troadec le maire de Carhaix. Son programme : défendre les intérêts bretons, rattacher (et pas annexer NDLR) la Loire-Atlantique à la Bretagne et favoriser l’enseignement bilingue.

Christian Troadec était l'invité du 13h de Yves Decaens

Un syndicat de défense des intérêts bretons

Le mouvement des bonnets rouges n'a pu se présenter pour les élections régionales, c'est donc plus un syndicat de défense des intérêts bretons qu'un véritable mouvement politique.

Jean-Pierre Le Mat, porte-parole des bonnets rouges :

On a une distance par rapport au pouvoir, le pouvoir est loin, le pouvoir est à Paris. Ce qui fait que les bonnets rouges sont devenus une sorte d’émanation de la société civile. Nos réunions pleinière servent à essayer de mettre en place une monnaie complémentaire dans un secteur ou une mutuelle territoriale.

Mais les bonnets rouges voient le bon côté, lors des élections intermédiaires, des références sont faites à des déclarations signées des bonnets rouges. Et des expressions sont rentrées dans le langage courant.

Mais où sont les bonnets de ces irréductibles militants ?

Un mouvement déserté par les ouvriers et les paysans

Les bonnets rouges sont nettement moins nombreux qu’il y a deux ans, notamment chez les ouvriers alors que les plans sociaux qui se poursuivent. Une partie des militants dénonce le fait que l'emploi n'est plus la priorité du mouvement. Certains ont préféré se tourner vers Jean-Yves Le Drian, le président socialiste de la région Bretagne. .

Le Bras et le maire de Lampaul
Le Bras et le maire de Lampaul © MaxPPP

Pour Olivier Le Bras, ancien syndicaliste des abattoirs Gad :

Le milieu ouvrier et agricole ne se reconnaissait plus vraiment dans ce mouvement et on se rendait compte que nous n’avions plus vraiment les mêmes intérêts : on a supprimé l’écotaxe mais on n’a pas supprimé le chômage.

Les paysans disent eux aussi leur déception. Rien n’a vraiment changé pour eux depuis deux ans. Ils dénoncent les prix qui restent bas.

Pour ceux qui restent, une réunion pleinière est prévue le 13 janvier prochain.

Pour écouter le reportage de Géraldine Hallot

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