Les retraites complémentaires sont en danger
Les retraites complémentaires sont en danger © Reuters

Alors que les caisses de l'AGIRC et de l'ARRCO sont dans le rouge, syndicats et patronat se réunissent pour tenter de trouver une solution. Si les négociations échouent, les retraités risquent de voir leur pension diminuer, d'ici 3 ans.

Les régimes de retraites complémentaires AGIRC (cadres), et ARRCO (salariés du privé), ne sont pas pérennes financièrement !

Deux ans, seulement, après une première salve de mesures de redressement financier, les partenaires sociaux se réunissent, à nouveau, pour tenter de régler les problèmes de trésorerie des deux caisses . Les négociations vont durer trois mois.

L’AGIRC, pire que l’ARRCO

La situation financière est préoccupante, mais elle l’est davantage pour la caisse des cadres, l’AGIRC, que pour celles des salariés, l’ARRCO. Si aucune mesure n’est prise rapidement, les réserves de l’AGIRC vont être épuisées d’ici trois ans , celles de l’ARRCO d’ici douze ans. Aujourd’hui, 18 millions de travailleurs cotisent à ces deux régimes, pour 12 millions de bénéficiaires.

Le risque d’une baisse de revenus

Pour un cadre retraité, 60% des revenus proviennent de la retraite complémentaire. Pour un salarié du privé retraité, la pension complémentaire représente 30% des revenus. Pour toutes ces personnes, le risque est réel de voir leur niveau de vie baisser d’ici trois ans , si rien ne bouge.

Quelles solutions pour renflouer les caisses ?

Pour éviter le pire, il faut trouver entre cinq et sept milliards d’euros. Il existe des solutions, mais syndicats et patronat ne sont pas toujours d’accord, Véronique Julia.

  • Augmenter le niveau des cotisations. Le patronat refuse, car ça augmente ses charges.

  • Faire baisser le taux de rendement (les actifs cotisent toujours autant aujourd’hui, pour recevoir moins demain). Les syndicats refusent.

  • Fusionner l’AGIRC et l’ARRCO, pour tenir jusqu’en 2025. Une solution toujours pas pérenne.

  • Reculer l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Les syndicats ne veulent pas en entendre parler.

Philippe Pihet, syndicaliste Force Ouvrière.

Retraites complémentaires : la faillite
Retraites complémentaires : la faillite © Radio France / Idé
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.