Myriam El Khomri doit annoncer ce lundi le montant de la hausse du smic en 2017. Le gouvernement va-t-il se cantonner au 1% automatique, ou donner un "coup de pouce" ?

Quoiqu'il arrive, le smic augmentera d'au moins 1% le 1er janvier
Quoiqu'il arrive, le smic augmentera d'au moins 1% le 1er janvier © Maxppp / PhotoPQR / Le républicain lorrain

1% : c'est l'augmentation minimum que connaîtra le smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) dans deux semaines, le 1er janvier 2017. Ce chiffre est celui de la revalorisation minimum que doit connaitre le smic tous les ans, pour compenser l'inflation. Mais 1%, c'est à peine 10 centimes de plus à l'heure : le smic horaire passerait alors de 9,67€ brut à 9,77€.

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Le gouvernement doit-il donc donner un "coup de pouce" supplémentaire à ce revenu minimum ? C'est à cette question que doit répondre Myriam El Khomri ce lundi matin, en annonçant le montant de la hausse du smic à venir.

Les experts opposés à un "coup de pouce"

Chaque année, un groupe d'experts indépendants remet au gouvernement un rapport détaillé de plus de 100 pages au gouvernement, et cette année encore il se prononce contre un coup de pouce, car la situation de l'emploi reste précaire : augmenter le smic au-delà du minimum automatique risquerait, selon eux, de déstabiliser un peu plus le marché du travail.

En effet, le niveau du smic a un impact sur l'embauche, mais aussi sur une bonne partie de l'échelle des salaires. Autrement dit, les entreprises et l'économie ne pourraient pas suivre une augmentation généralisée des rémunérations, assure le groupe d'experts.

"Revenu de dignité"

Et pourtant, c'est bien ce que souhaite Force ouvrière. Le syndicat avance une toute autre analyse : un coup de pouce du gouvernement au smic devrait relancer les négociations salariales, ce qui dynamiserait la consommation et renforcerait la croissance, selon FO. Pour l'organisation, le montant idéal serait de "80% du salaire médian", soit 1.426,40 euros.

La CGT, plus radicale, plaide pour un smic à 1.800 euros bruts, là où la CFTC demande "un revenu de dignité" évalué entre 1.400 et 1.600 euros nets par mois pour une personne seule. CFDT et CFE-CGC, quant à elles, affirment se contenter de la hausse règlementaire.

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