Victime de nombreux préjugés, le service public est-il mal aimé ? Un rapport Odoxa paru mercredi tend à prouver le contraire, puisque 65% des Français interrogés s'en disent satisfaits. Efficacité, sécurité de l'emploi et soutien à la survie des territoires : le secteur public a du bon, nous dit-on.

L'Hôpital est un des services publics qui bénéficient qui bénéficie d'une bonne image auprès des Français.
L'Hôpital est un des services publics qui bénéficient qui bénéficie d'une bonne image auprès des Français. © AFP / Eric Cabanis

Hôpital, éducation, poste, emploi : des rapports pointent régulièrement les insuffisances criantes des services publics dans certains secteurs. Entre fermeture des centres postaux de seconde zone, des urgences au bord de l'asphyxie et des mouvements de grève répétés, les services publics souffrent de nombreux maux, mais aussi de multiples stéréotypes. Le rapport de l'institut Odoxa publié mercredi, à l'occasion de la journée internationale des services publics, balaye quelques idées reçues.

Le meilleur service public en Europe ?

Et pour cause, les Français ont une bien meilleure image des services publics que ce que l'on imagine. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, puisque 65 % de la population déclare avoir une bonne opinion du secteur, soit 20 points de mieux que ce que se figurent les agents.

Autre fait notable, la période de conflits sociaux et de grève qui a affecté le pays ces derniers mois ne semble pas avoir eu de conséquences sur cette image positive. En octobre 2017, 63 % des Français soulignaient leur satisfaction, contre 68 % aujourd'hui. Une image positive due en partie à son efficacité, puisque 69 % des Français déclarent que le secteur joue un rôle déterminant dans la sauvegarde des territoires en voie de désertification et leur développement futur. Preuve que les services publics ont un rôle à jouer à l'avenir.  

À l'échelle européenne, la France serait même mieux lotie que l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore l'Italie, selon 63 % des personnes interrogées. À l'inverse, cette position flatteuse ne se retrouve pas nécessairement chez nos voisins, puisque la France n'est en moyenne "que" troisième en Europe, loin derrière l'Allemagne (66 %) et le Royaume-Uni (32 %). Autre facteur de relativisation, l'écart France-Allemagne tend à se réduire auprès des Français, soit 9 point aujourd'hui au lieu de 17 en octobre 2017. 

Un secteur qui continue d'attirer les actifs

Près de 70 % des Français déclarent avoir envisagé ou pouvoir envisager de travailler dans le secteur public et 67 % le conseilleraient encore à un jeune se lançant dans la vie active. Malgré les difficultés et le sentiment des agents d'être mal-aimés, le secteur continue toujours d'attirer. Des chiffres élevés qui s'expliquent en partie en raison d'un certain nombre d'avantages perçus de la fonction, comme le volume supérieur de congés et vacances (35 %). Les agents, eux, évoquent des dimensions plus altruistes, avec 35 % qui mettent en avant "l'intérêt général" et 32 % la "vocation". La sécurité de l'emploi reste néanmoins le principal critère pour 70 % du panel et 66 % des agents en service qui y voient un métier stable et porteur de garanties financières et matérielles.

Des stéréotypes persistants entre agents des secteurs public et privé

Une bonne image n'induit pas toute absence d'idées reçues et une bonne connaissance du secteur. Si la plupart sait que le secteur public est en majorité constitué de femmes (62 % des effectifs) et que les salaires sont presque équivalents à ceux du privé ( 2 219 euros, contre 2 250 pour le privé), beaucoup pensent à tort que les agents du public sont plus âgés, moins diplômés et moins bien considérés. Or, ces trois idées reçues sont fausses. Ainsi, l'âge moyen dans le secteur public est de 43 ans contre 41 ans dans le privé. Contrairement à ce que pensent 57 % des Français, la moitié des agents publics possèdent un diplôme de niveau supérieur. 

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