Alors que les arrêts maladie sont en augmentation avec le recul du départ à la retraite (plus de 13 % en quatre ans), le gouvernement envisage de faire payer aux employeurs quatre jours d'indemnisation de la Sécurité sociale pour les arrêts de moins de huit jours. Les patrons sont vent debout.

Pour faire des économies, le gouvernement envisage de faire payer aux entreprises quatre jours d'indemnisation au delà des trois jours de carence
Pour faire des économies, le gouvernement envisage de faire payer aux entreprises quatre jours d'indemnisation au delà des trois jours de carence © Maxppp / Jean Francois Frey

Geoffroy Roux de Bézieux, (Medef), Geoffroy Roux de Bézieux, (CPME) et Alain Grisetl (U2P) ont écrit à Édouard Philippe pour protester contre cette charge supplémentaire. 

On ne sait pas encore où le curseur sera placé, mais pour l'instant les hypothèses basses font prendre en charge, par les entreprises, quatre jours d'indemnisation, au delà des trois jours de carence, pour les arrêts maladies de moins de huit jours. Soit un coût évalué à 900 millions d'euros.

Évidemment, les organisations patronales y sont opposées. Pour Jean-Michel Pottier de la CPME : "On met un coin dans le régime universel général de Sécurité sociale, quelque part pour en privatiser une partie, ce qui d'ailleurs provoque la même inquiétude du côté des organisations syndicales qui voient bien la manœuvre et qui analysent ça comme un coin porté dans un système universel."

"Les employeurs sont déjà responsables"

L'incompréhension est d'autant plus grande, disent les organisations patronales, que ce gouvernement n'a pas cessé de vouloir alléger les charges des entreprises pour les rendre plus compétitives. Et là, pour les responsabilités, ce serait l'inverse. 

"Tout ça sur un bruit de fond qui consiste à dire 'les entreprises sont responsables, elles doivent avoir des politique de prévention" explique Jean-Michel Pottier de la CPME. Mais aujourd'hui les indemnités journalières maladie de la Sécurité sociale c'est 50 %, et les autres 50 % sont versés par l'employeur, au titre de la convention collective et de ses prescription. Les employeurs sont déjà responsables."

Actuellement, au-delà de trois jours de délai de carence, un salarié est pris en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 50 % de son salaire. Un complément peut intervenir si la convention collective le prévoit.

Et la CPME souligne encore que si le coût des arrêts maladie augmente, c'est essentiellement lié au recul du départ à la retraite. Ce n'est peut-être pas aux entreprises de payer pour ça, disent les organisations patronales, pour qui on se trompe de cible.

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