alstom en discussions avec general electric pour céder ses activités dans l'énergie
alstom en discussions avec general electric pour céder ses activités dans l'énergie © reuters

Alstom discute avec General Electric (GE) en vue de céder au groupe américain l'ensemble de ses activités dans l'énergie et pourrait conclure un accord dans ce sens au cours des prochains jours, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.

Plusieurs sources ont également indiqué qu'Alstom devait réunir son conseil d'administration vendredi après-midi pour évoquer le projet. Le gouvernement a cependant prévenu qu'il travaillait à "d'autres solutions" pour Alstom. Le constructeur du TGV et de turbines emploie près de 9.000 personnes en France dans ses activités liées aux équipements de production et de transmission d'électricité, qui représentent environ 70% de son chiffres d'affaires mondial.

Aucun élément de valorisation des actifs d'Alstom dans l'énergie n'a pu être obtenu dans l'immédiat. L'agence Bloomberg, qui évoquait un rachat de la totalité d'Alstom par GE, avait de son côté avancé mercredi soir un chiffre de 13 milliards de dollars environ (9,4 milliards d'euros).

C'est peut-être un retour aux sources: les explications de Delphine Simon

Confronté à un marché des nouvelles centrales électriques en berne qui plombe ses commandes et l'oblige à piocher dans sa trésorerie, Alstom s'est lui-même tourné vers GE et l'opération envisagée a le soutien de son premier actionnaire, Bouygues (29% du capital), ont précisé plusieurs sources proches du dossier.

Selon une source industrielle

Les discussions avancent à grands pas, la structure du "deal" est définie et tout est presque prêt. Ce serait une très grosse cession d'actifs, c'est l'ensemble du périmètre de toute la partie énergie.

Le PDG d'Alstom, Patrick Kron, a de son côté évoqué devant les syndicats une simple "opération industrielle", sans nommer GE. Alstom, Bouygues et General Electric se sont refusés à tout commentaire.

"Une vigilance patriotique"

Après un bond de 10,9% de l'action Alstom jeudi dans de gros volumes, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a demandé la suspension de la cotation du titre vendredi dans l'attente de la publication d'un communiqué par la société. Un rachat de la partie énergie d'Alstom permettrait notamment à GE, qui emploie 10.000 personnes en France, de se développer dans les turbines à vapeur, l'éolien en mer, l'hydraulique et la transmission d'électricité, tandis qu'Alstom retrouverait d'importantes marges de manoeuvre financières.

"1500 salariés de trop à Belfort": la réaction de Jean Armando de la CGT

Une vente des actifs d'Alstom liés à l'énergie pourrait dispenser le groupe français de mettre en oeuvre son projetd'introduction en Bourse de son pôle Transport dans la mesure où le ferroviaire formerait le cas échéant la totalité de son nouveau périmètre, ont estimé certaines sources.

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a cependant prévenu que l'Etat ferait preuve de "vigilance patriotique" à l'encontre d'Alstom, sauvé de la faillite il y a dix ans avec, en particulier, un soutien financier massif de l'Etat. A l'époque, le commissaire européen à la Concurrence Mario Monti voulait contraindre Alstom à se séparer de certaines de ses activités, dont les turbines, en contrepartie des aides publiques françaises.

En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et de l'Industrie, avait fait intervenir l'Etat pour préserver les activités transport et énergie de la société.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.