Les transports en commun de la RATP circuleront au compte-goutte, ce vendredi, lors d'une journée de grève qui s'annonce massivement suivie. Les syndicats de l'entreprise appellent à la mobilisation générale contre la disparition programmée de leur régime spécial de retraite.

Ce vendredi, dix lignes du métro parisien (2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13) seront interrompues.
Ce vendredi, dix lignes du métro parisien (2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13) seront interrompues. © AFP / Miguel Medina

La réforme des retraites ? "C'est la réforme de trop", martèle Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT-RATP. De la même façon que l'Unsa, la CFE-CGC ou encore SUD, le syndicat appelait à la grève, ce vendredi 13 septembre, contre la mise en place du système de retraite universel, voulu par Emmanuel Macron, et qui signifierait la disparition du régime spécial dont bénéficient les salariés de la RATP.

La mobilisation, qui s'annonce massive, devrait entraîner la quasi-paralysie du réseau de transports en commun francilien : dix lignes de métro sur seize seront notamment fermées.

En quoi consiste le régime de retraite aujourd'hui en vigueur à la RATP ?

Actuellement, les dispositions propres à la RATP permettent aux agents d'exploitation (conducteurs, agents de stations, par exemple) de partir dès 50 ou 52 ans, en fonction de leur année de naissance, et à condition d'avoir effectué une certaine durée de service au sein de l'entreprise. "Mais aujourd'hui, quasiment personne ne prend sa retraite à cet âge là, les pensions sont trop faibles", nuance Nicolas Ronfort-Milhas, secrétaire général à la CGT Ferré, pour le métro et le RER.

Il faut de fait environ 41 annuités pour prétendre aujourd'hui à une retraite à taux plein. Quant aux bonifications censées compenser le travail le dimanche et les horaires décalés, elles ont été supprimées pour ceux entrés à la RATP depuis 2009, rappelle le syndicaliste.

Pour les agents de maintenance (train, bus), l'âge minimal de départ à la retraite oscille entre 55 et 57 ans, selon l'année de naissance. Pour le personnel administratif, il varie entre 60 et 62 ans. Le montant de la pension se calcule de la même façon que pour les fonctionnaires, en prenant compte les six derniers mois de salaire et avec un taux plein de 75%.

Pourquoi les syndicats ne veulent pas du système universel à points ? 

Avec la réforme Delevoye, qui propose de fondre les régimes spéciaux en un seul et unique système de retraite,"il y aura une majorité de perdants", résume la CFE-CGC. D'après les calculs de plusieurs syndicats, la réforme engendrera mécaniquement une baisse des pensions, de l'ordre de 500 euros mensuels pour un machiniste, par exemple.

Les organisations s'inquiètent également du système par points. "Plus rien n'est acquis, on n'a pas de garantie sur le niveau des pensions", insiste Nicolas Ronfort-Milhas. En donnant au gouvernement la possibilité de baisser à sa guise la valeur d'achat du point, la réforme met en danger le pouvoir d'achat des retraités, selon lui.

Un autre grief concerne la pénibilité, les organisations syndicales reprochant au système Delevoye de ne pas prendre en compte les horaires décalés, le travail le dimanche, liés à certains métiers de l'entreprise. "Un conducteur RATP, il peut commencer à 4 heures du matin pendant une semaine, puis terminer à 2 heures du matin la suivante, avant de passer en horaires d'après-midi. Cela a un réel impact sur l'horloge biologique", explique Nicolas Ronfort-Milhas.

"Le régime de retraite fait partie du contrat social" entre l'entreprise et ses salariés, il ne doit pas être "remis en cause sans compensation", conclue la CFE-CGCE.

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