Eric Ghigo, chercheur au CNRS a découvert  qu’un gène est capable de détruire des bactéries très résistantes
Eric Ghigo, chercheur au CNRS a découvert qu’un gène est capable de détruire des bactéries très résistantes © MaxPPP/La Provence/Valérie Vrel

Non aux coupes budgétaires pour la Recherche, s'insurgent des Prix Nobel dans une tribune parue dans le Monde daté de mardi. Ces chercheurs font fausse route, rétorque Thierry Mandon. La vérité est plus compliquée et tient aux fonds de roulement.

Dans une tribune parue dans le Monde daté de mardi, sept prix Nobel français et un lauréat de la Médaille Fields (Françoise Barré-Sinoussi, Claude Cohen-Tannoudji, Albert Fert, Serge Haroche, Jules Hoffmann, Jean-Marie Lehn, Jean Jouzel et Cédric Villani) dénoncent d'importantes annulations de crédits pour la recherche "un suicide scientifique et industriel", selon eux. En cause, des coupes budgétaires évaluées à 256 millions d'euros.

Ce que l’on détruit brutalement, d’un simple trait de plume budgétaire, ne se reconstruit pas en un jour. Les organismes nationaux de recherche vont devoir arrêter des opérations en cours et notamment limiter les embauches de chercheurs et de personnels techniques. Ce coup d’arrêt laissera des traces, et pour de longues années.

Ces chercheurs font fausse route, rétorque Thierry Mandon

Le secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche tente d'éteindre l'incendie. Selon lui, s'il a été un temps envisagé de faire ces économies, le projet a été abandonné depuis. Le budget dédié à la recherche restera en 2016 celui qui avait été initialement prévu, soit environ 4 milliards d'euros.

Thierry Mandon

Dans les maquettes budgétaire des mesures avaient été envisagées par Bercy, elles ont été abandonnées, il n’y a aucune coupe, aucun programme touché en matière de recherche.

Le ministrre qui dit comprendre la demande des chercheurs, propos - à titre personnel - une augmentation du budget :

Sur le fond de la tribune et sur la nécessité de consacrer plus de moyens à la recherche, les chercheurss ont raison et je plaide pour qu’en 2017 un effort supplémentaire soit fait.

L'exécutif affirme donc qu'il n'y aura pas d'impact sur le fonctionnement des laboratoires, mais qui dit vrai ?

Pour le ministère de la recherche, il y a moyen de gérer différemment les budgets. Il faut dire que Bercy cherche actuellement 4 milliards d'euros pour financer les priorités nouvelles de l'Etat; l'agriculture, la sécurité, l'augmentation des fonctionnaires. Le coup de rabot portera donc sur le fond de roulement de quatre organismes scientifiques : le CNRS, l'INRA, l'INRIA et le CEA.

Un fond de roulement que l'état juge trop important. C'est de l'argent qui dort. "Faux !" Répondent les directeurs d'organismes qui parlent de coup de massue inattendu. C'est le moyen de faire face aux imprévus, ce n'est pas un bas de laine qui augmenterait d'année en année mais de la gestion prudentielle. Exemple : 120 millions d'euros au CNRS. Trop pour le gouvernement qui fait baisser la jauge et en supprime 50.

En somme, au ministère, on racle les fonds de tiroirs, même si on reconnait qu'après les grandes déclarations sur l'importance de la recherche, cet arbitrage n'envoie pas un signal heureux.

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