Mathieu Gallet et Fleur Pellerin
Mathieu Gallet et Fleur Pellerin © Chamussy/SIPA - Witt/SIPA

Dans une interview au Journal du Dimanche, la ministre de la Culture dévoile ses arbitrages pour renflouer un audiovisuel public en difficulté. Parmi les solutions, l'augmentation d'un euro de la redevance audiovisuelle, et une taxe renforcée sur les fournisseurs d'accès à Internet.

Pouvoir écouter France Inter vous coûtera bientôt (un peu) plus cher. Dès l'année prochaine, la fameuse redevance va augmenter, mais de manière très limitée, selon Fleur Pellerin. "J'ai proposé que la redevance reste limitée à l'inflation. La hausse sera donc contenue à un euro seulement en 2016. C'est la plus faible augmentation depuis 2008 ". Ce qui fera passer la redevance de 136 euros aujourd'hui à 137 euros .

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La ministre se refuse aussi à un retour de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques , réclamée par la nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Balayée également, sa proposition d'étendre la redevance aux ordinateurs et tablettes, de plus en plus utilisés pour regarder la télévision.

Les fournisseurs d'accès à Internet paieront la note

En revanche, c'est bien Internet qui sera chargé de sauver France Télévisions et Radio France, dont les budgets sont largement déficitaires cette année (10 millions d'euros pour la télé, 21 millions pour la radio) .

En complément, nous augmenterons à la marge la taxe que paient les opérateurs d'accès à Internet, qui passera de 0,9 % de leur chiffre d'affaires à 1,2% . Cette fraction des recettes sera affectée de façon pérenne à l'audiovisuel public.

La "taxe télécoms" de 0,9 % avait justement été instaurée en 2009 pour financer France Télévisions, en compensation de la fin de la publicité après 20 heures. Son augmentation devrait permettre de rapporter plusieurs dizaines de millions à l'audiovisuel public. Elle rapporte aujourd'hui jusqu'à 300 millions d'euros par an, un budget qui jusqu'ici se perdait dans le budget de l'État.L'argent ira désormais directement à la radio et la télévision publiques.

Reste à savoir si les fournisseurs d'accès à Internet (SFR, Bouygues, Orange, Free...) répercuteront cette hausse sur leurs tarifs (et donc sur les consommateurs). Pour Fleur Pellerin, ce serait une très mauvaise stratégie : "la concurrence sur les prix est forte dans ce secteur et les Français changent facilement d'opérateur..."

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