Les employés de la SNCF se sont prononcés à 94,97 % contre la réforme du ferroviaire, lors d'un référendum d'entreprise enregistrant 64,15 % de participation. De quoi redonner du courage à la mobilisation débutée en avril dernier.

Les syndicats saluent l'écrasante majorité des votes contre la réforme de la SNCF, tandis que sa direction dénonce une consultation menée en dehors du cadre légal.
Les syndicats saluent l'écrasante majorité des votes contre la réforme de la SNCF, tandis que sa direction dénonce une consultation menée en dehors du cadre légal. © AFP / Alain Pitton

La "vot'action" à la SNCF va peut-être donner un nouveau souffle à la mobilisation des cheminots, les grévistes se sentant plus que jamais soutenus par leurs collègues. La CGT a dévoilé ce mercredi matin les résultats de la consultation interne de la SNCF. Plus de 91 000 votants se sont ainsi exprimés en défaveur de la réforme de la SNCF.

Pour les syndicats, ce score de 94,97 % est un bon moyen de remotiver les troupes tout en envoyant un message fort au gouvernement : celui de ne plus ignorer la mobilisation qui entame son 21e jour de grève par salve de deux jours consécutifs.

"Pepy démission"

La direction réfute de son côté les résultats, affirmant dans un communiqué l'absence de "cadre légal" autour de la consultation. "Cette vot'action ne présente pas toutes les garanties qui auraient pu être réunies, dénonce la SNCF, ni isoloir pour garantir le secret du vote, ni présence d'huissiers ou de tiers permettant de garantir la sincérité de l'expression."

Mais pour les syndicats, cette consultation va peser lourd lors des discussions prévues prochainement avec la direction et avec le gouvernement. Certains, à l'instar de Sud Rail, réclament même de nouveau la démission de Guillaume Pepy, actuel patron de la SNCF. Sud-Rail espère maintenant le départ de l'actuel patron de la SNCF : "On veut la démission de monsieur Pepy avant la fin de la semaine", déclare Fabien Dumas.

Une grève qui s'essouffle

Le taux de grévistes à la SNCF atteignait ce mercredi matin 14,22 %, son plus bas niveau en semaine depuis le début du conflit, et le taux des conducteurs en grève (49,2 %) est passé pour la première fois sous les 50 %, selon les chiffres de la direction. Le précédent taux global le plus bas, en milieu de matinée et en semaine, avait été enregistré le 9 mai, à 14,46%. La mobilisation avait ensuite rebondi jusqu'à 27,58 % le 14 mai, journée de mobilisation renforcée baptisée "sans cheminots" par les syndicats, avant de retomber à 15,74 % le 18. 

La SNCF avait annoncé pour mercredi des prévisions de trafic toujours perturbé mais en légère amélioration par rapport à vendredi, avec trois TGV sur cinq, un TER et Transilien sur deux, ainsi que deux trains Intercités sur cinq. 

Lors d'une conférence de presse mercredi, le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, a souligné "le sacrifice énorme" consenti par les cheminots grévistes pour contrer le projet de réforme ferroviaire du gouvernement.   "Cela pèse sur les familles", mais "les cheminots n'arrêteront pas la grève tant qu'ils n'auront pas des éléments concrets" car ils "attendent des garanties" pour leur avenir, a-t-il souligné.

Des garanties, ils en auront peut-être prochainement. Le Premier ministre Edouard Philippe a annulé mercredi matin sa visite en Israël et en Palestine prévue les 31 mai et 1er juin prochains, "pour des raisons d'agenda intérieur".

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