En mal de notoriété, le Premier ministre a défendu jeudi soir sur France 2 la politique du gouvernement quant à la réforme de l'Impôt sur la fortune.

Edouard Philippe a défendu la politique initiée par le gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron, il y a quatre mois et demi
Edouard Philippe a défendu la politique initiée par le gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron, il y a quatre mois et demi © Maxppp / Alexandre MARCHI

"Ils seront quand même taxés, ces biens, mais ils ne seront plus taxés à l'ISF". Dans l'Emission politique sur France 2 jeudi soir, le Premier ministre Édouard Philippe a défendu la réforme de l'Impôt sur la fortune.

Sortir de l'ISF les valeurs mobilières, autrement appelé aussi les "signes extérieurs de richesse" a été assumé par Édouard Philippe : "Notre objectif c'est de faire en sorte que le capital reste en France et même d'attirer des gens, y compris des gens riches, en France."

Réformer l'ISF coûte plus cher que prévu

Pour appuyer son discours, le Premier ministre a expliqué vouloir éviter la fuite d'autres contribuables. Depuis 2002, a-t-il indiqué, "on estime que 10 000 contribuables français ont quitté le territoire parce qu'ils étaient assujettis à l'ISF". Un chiffre peut-être un peu au-dessus de la réalité, comme l'explique le site d'informations l'Imprévu, en charge de la vérification des propos d'Édouard Philippe pendant l'émission. L'Imprévu, qui s'appuie sur les données mises à disposition par la Direction générale des finances publiques (la DGFIP), évoque quelque 7 500 personnes.

L'autre critique émisse quant à la réforme de l'ISF, c'est Le Monde qui la soulève. Nos confrères y rappellent que le coût de la réforme de l'ISF a été largement "sous-estimé" par le chef de l'État pendant sa campagne. Emmanuel Macron, qui avait promis de transformer l'ISF en "impôt sur la fortune immobilière" avait chiffré la mesure à 2 milliards d'euros chaque année.

En réalité, le budget 2018 sera imputé de 3,2 milliards d'euros de recettes liées à l'ISF. Auxquelles, rajoute encore Le Monde, il faut ajouter une perte de 1,3 milliard d'euros sur les revenus du capital avec l'instauration du prélèvement forfaitaire unique. Soit au total 4,5 milliards d'euros.