L'âge de la retraite va-t-il passer de 62 ans à 64 ans ? C'est en réflexion à l’Elysée après le revers des régionales. Accélérer cette réforme aurait deux avantages selon ses partisans : politique et économique.

Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours à Bruxelles en Belgique le 25 juin 2021.
Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours à Bruxelles en Belgique le 25 juin 2021. © AFP / Dursun Aydemir

Au lendemain de l’échec lors des élections régionales, le président Emmanuel Macron compte-t-il accélérer certaines réformes ? En coulisse, des ministres poussent le chef de l’État à rouvrir le dossier de la réforme des retraites et marquer les esprits avant la présidentielle. La révolution annoncée un temps avec le système universel à points n’aura pas lieu. L’une des mesures envisagées : repousser l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans.

Repousser de six mois par génération

Selon les Echos, "cette mesure serait inscrite dans le budget de la Sécurité sociale pour 2022, voté à partir d'octobre". Les premiers concernés seront ceux nés en 1961, qui peuvent aujourd’hui partir à la retraite dans deux ans. Ils devraient travailler six mois de plus. La bascule se ferait en 2022-2023 indique le journal. La génération de 1964 pourrait par exemple travailler jusqu’à 64 ans en 2028-2029.

Cette piste aurait un double avantage selon ses partisans.  Un avantage financier d’abord, car ce report ramènerait rapidement de l’argent dans les comptes sociaux. Le chiffre de 14 milliards d’euros est évoqué d’ici 2026. Le Conseil d’orientation des retraites évaluait il y a trois semaines le déficit annuel du régime à 18 milliards d'euros. La Cour de Comptes a déjà recommandé le report de l’âge de départ à la retraite.

Une réforme impopulaire

L'autre avantage est politique. L'Élysée veut devancer les procès en immobilisme. Le rapport Tirol-Blanchard, dévoilé la semaine dernière, estime qu’il faut bâtir un nouveau système de retraite. Le prix Nobel Jean Tirole et l'ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard plaident pour une réforme des retraites, qui est cette fois mieux expliquée et qui ne laisse pas de côté les plus modestes. Mais cette réforme est sensible, impopulaire et rejetée de toutes parts : les syndicats, la population, et une partie de l’échiquier politique s'opposent à une augmentation de l'âge de départ à la retraite.