Ikea, le géant suédois de l’ameublement relance ses ventes en ligne, avec livraisons, ce samedi. Entre 15 et 20% des salariés reprennent le chemin des entrepôts, au grand dam des syndicats.

Quand Ikea veut rouvrir et que se syndicats ne sont pas d'accord
Quand Ikea veut rouvrir et que se syndicats ne sont pas d'accord © AFP / DPA / Federico GAMBARINI

Trois semaines avant le début prévu du déconfinement, Ikea France a donc décidé de rouvrir  - en partie - ses magasins. Les clients ne pourront pas aller y acheter une étagère mais la commande en ligne sera possible, avec livraison. Chose impossible depuis le 15 mars dernier.

« Fallait-il vraiment se précipiter ? s’interroge Jean-Paul Barbosa, délégué syndical CFDT. Ne pouvait-on pas attendre une ou deux semaines, que le pic épidémique redescende vraiment et qu’on puisse retrouver une activité progressive et mieux structurée que ce qu’ils font actuellement. »

« Le meuble n’est pas un produit essentiel,                          
pourquoi risquer des vies ? »

Près de 1300 salariés devraient retrouver leurs postes. Ikea a identifié des critères de reprise du travail : les personnes malades, les conjoints de malades, les personnes à risque ou celles qui ne peuvent pas venir en voiture resteront évidemment chez elles. Ensuite, un principe de volontariat s’applique. Un document interne, que nous avons consulté précise toutefois que « s’il y a trop de volontaires, ou pas assez de volontaires, seront désignés en priorité les collaborateurs ayant l’ancienneté la plus importante ». Il se peut donc que, s'ils manquent de candidats, l’on oblige quelqu’un à venir travailler, traduisent les syndicats. « Chaque direction locale appelle les salariés, individuellement pour les convaincre de venir, précise le délégué CGT Roger Pouilly. Ils ont aussi arrêté de maintenir les salaires à 100%, le 12 avril, pour inciter les gens à reprendre le travail. »
La principale source d’inquiétude est bien la sécurité des salariés. « Le meuble n’est pas un produit essentiel à la vie de la nation, pourquoi risquer des vies ? », s’insurge Jean-Paul Barbosa, pour la CFDT. 

Quelles protections ?

La direction fait savoir qu’elle a investi un million d’euros dans le matériel sanitaire : des masques en stock suffisant pour que les salariés au travail puissent les changer une fois par jour, 12 000 litres de gels hydro-alcooliques et des gants. Les postes ont été réaménagés et le nettoyage renforcé.  Mais les syndicats s’interrogent : comment être sûrs que les principes établis par la direction soient véritablement appliqués ?

 La CGT pointe ses alertes depuis le 26 mars sur les conditions de reprise, sans réponse, affirme-t-elle. Elle s’était même inquiétée dès la fin février d’un séjour de l’ensemble des directeurs de magasin à Milan, en Italie.

Cette première journée de reprise sera un test. La CFDT a prévenu l’entreprise, et annonce que si des manquements sont constatés, elle réclamera la fermeture des sites. 

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