rétablissement partiel de l'agrément sanitaire de l'entreprise spanghero
rétablissement partiel de l'agrément sanitaire de l'entreprise spanghero © reuters

Les 300 salariés de l'entreprise Spanghero de Castelnaudary sont soulagés. Menacée de fermeture après le scandale de la viande de cheval dans le boeuf, l'entreprise va reprendre son activité. Seul l'entreposage des matières congélées reste bloqué.

Le gouvernement a décidé lundi de rétablir en partie l'agrément sanitaire de l'entreprise Spanghero, mise en cause dans le scandale de la viande de cheval étiquetée comme du boeuf, qui s'est étendu à une dizaine de pays européens.

La société retrouve son agrément pour ses activités de production de viande hachée, de saucisserie, d'élaboration de plats cuisinés et de découpe de viande, a précisé le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.

Les résultats de la rencontre entre délégués syndicaux et le ministre de l'Agriculture par Philippe Lefebvre

En revanche, la société ne pourra pas reprendre son activité d'entreposage de matières premières congelées, en tout cas avant la fin des examens complémentaires en cours, et dont les résultats seront connus vendredi prochain.

La suspension, la semaine dernière, des autorisations d'exploitation de la société de Caltelnaudary (Aude), accusée d'avoir remplacé du boeuf par du cheval importé de Roumanie, avait mis en chômage technique environ 300 employés.

Les ministres de l'Agriculture et de la Consommation, Stéphane Le Foll et Benoît Hamon, ont reçu en fin de journée les représentants syndicaux des salariés. Selon Claude Hill, délégué CFDT de l'usine Spanghero :

Ce redémarrage, c'est déjà limiter la casse. Notre travaild e mobilisation a payé. Il y a environ 90% de l'activité qui va redémarrer, c'est un soulagement. On est contents.

Le maire socialiste de Castelnaudary, Patrick Maugard, qui avait lui-même proposé une reprise partielle, s'est également réjoui de cette décision :

L'enjeu de très court terme reste de conserver la confiance des clients et des consommateurs. Les investigations menées les assurent désormais qu'aucune négligence, ni aucun acte frauduleux, ne pourront faire naître un doute sur la qualité du produit.

Le reportage à Castelnaudary de Frédéric Bourgade

"Une décision de bon sens" (B. Hamon)

Le gouvernement a pris la décision de rétablir partiellement l'activité, ce qui permettra de préserver l'entreprise, sous la pression des salariés et des élus du département, inquiets pour l'emploi dans une région déjà frappée par le chômage.

Le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, a invoqué" une décision de bon sens" :

Quand on a des éléments qui permettent directement de répondre à un problème d'emploi (..) rouvrir une partie de l'activité de l'entreprise parce qu'elle ne présente aucun danger sanitaire, c'était une décision qui était une décision de bon sens.

Benoît Hamon au micro de Sébastien Baer

La réouverture partielle a été décidée à l'issue de "contrôles sanitaires approfondis qui ont porté sur l'inventaire et le contrôle de la matière première utilisée dans l'entreprise, les procédures de traçabilité interne ainsi qu'un audit des procédures de maîtrise de la sécurité sanitaire des produits élaborés, précise le ministère.

Une brigade vétérinaire est restée à pied d'oeuvre pendant tout le week-end et "aucune non-conformité n'a été relevée." Pour l'entreposage des produits congelés, 80% des lots ont été inspectés mais l'examen n'était pas terminé lundi. A l'exception d'un lot faisant l'objet d'examens complémentaires, aucune anomalie n'a été pour l'instant décelée.

La société Spanghero est soupçonnée d'avoir écoulé 750 tonnes de cheval à travers des millions de plats surgelés distribués dans plus d'une dizaine de pays européens. Mais la direction de l'entreprise s'est défendue de toute tromperie délibérée et a accusé le gouvernement, en particulier le ministre de la Consommation Benoît Hamon, d'avoir pris une décision précipitée en suspendant son agrément.

Or, l'enquête de la brigade vétérinaire confirme que "des estampilles sanitaires ont bien été modifiées", comme l'avaient relevé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), insiste le ministère de l'Agriculture.

Les ventes de surgelés en baisse de 5% en France

La filière cheval
La filière cheval © Radio France

Les ventes de produits surgelés sont en baisse de 5% en France depuis le scandale de la viande de cheval, a déclaré lundi le ministre de l'Agriculture au terme d'une réunion avec les représentants de l'entreprise Spanghero.Selon Stéphane Le Foll :

D'après ce qu'on me dit, c'est moins 20% au Royaume-Uni et moins 5% en France.

Le ministère de l'Agriculture a décidé lundi de rétablir en partie l'agrément sanitaire de l'entreprise Spanghero, mise en cause dans le dossier de la viande de cheval étiquetée comme du boeuf, qui s'est étendu à plus d'une dizaine de pays européens depuis une semaine.

Stéphane Le Foll a assuré qu'aucun produit non-conforme n'avait été détecté concernant les activités à nouveau autorisées. "L'enquête se poursuit dans le cadre judiciaire et déterminera les responsabilités au sein de l'entreprise. Ce n'est pas à nous de le faire", a-t-il dit.

La tromperie sur la viande de cheval, vendue comme du boeuf, représente jusqu'ici quatre millions et demi de plats, touchant 13 pays et 28 entreprises, a souligné le ministre de la Consommation Benoît Hamon.

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