L'Agirc et l'Arrco ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros en 2014.
L'Agirc et l'Arrco ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros en 2014. © Reuters/Charles Platiau

Trois syndicats, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont négocié avec le patronat un accord de principe pour garantir l'avenir des régimes de retraites complémentaires.

Depuis vendredi matin le patronat (Medef, CGPME, UPA) et les cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) sont réunis, pour la sixième fois, pour régler l'avenir des régimes de retraites complémentaires, déficitaires.

Le Medef a présenté un ultime projet accepté par 3 syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) mais refusé par FO et la CGT.

Une nouvelle session aura lieu le 30 octobre pour finaliser cet accord.

Le Medef propose un système de bonus-malus

Le Medef veut inciter les salariés à travailler plus longtemps. À partir de 2019, il s'agit d'inciter les salariés à travailler un an de plus, une fois qu'ils ont rempli les conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal de 62 ans et durée de cotisation de 41,5 ans).

Un salarié remplissant ces deux conditions qui déciderait de prendre sa retraite à 62 ans verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% la première année, 10% la seconde et 10% la troisième, avant d'obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. En revanche, s'il travaille jusqu'à 63 ans, ce malus sera annulé. S'il reste deux ans de plus en activité, il bénéficiera d'un bonus de 10%. Bonus qui grimpe à 20% s'il travaille trois ans de plus, à 30% pour quatre ans de plus.

En contrepartie, le patronat s'est dit prêt à accepter une hausse des cotisations patronales qui reste toutefois à chiffrer, et qui doit être compensée par une baisse des cotisations pour la branche AT-MP (accidents du travail - maladie professionnelle).

Accueil mitigé des syndicats

La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont accepté de signer cet accord de principe pour redresser les finances des retraites complémentaires. Les négociateurs de la CGT et de FO ont estimé que ces propositions restaient inacceptables . Opposés au principe d'un abattement des pensions, FO et la CGT ont quitté la négociation.

"Le projet d'accord qui est sur la table acte de fait le report de l'âge de départ en retraite et la baisse du niveau des pensions", a expliqué le négociateur de la CGT.

Les caisses sont vides

Avec la crise économique, l'arrivée des papy boomers à la retraite et le chômage de masse, l'Agirc (caisse des cadres)et l'Arrco (caisse de tous les salariés du privé)ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros en 2014.

Le régime des cadres (Agirc) est clairement en danger. Si rien n'est fait, ses réserves seront épuisées d'ici à 2018 et les cadres verraient ainsi leurs pensions complémentaires amputées de 11% dès cette date. La situation est moins critique pour les salariés du privé (Arrco), la caisse complémentaire aura épuisé ses réserves en 2027.

L'idée de fusionner les deux régimes Agirc et Arrco à l'horizon 2019 figure dans le projet du Medef. Elle permettrait aux cadres de profiter des réserves du régime de tous les salariés mais ne réglerait pas le probléme d'équilibre financier à long terme.

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