Au premier jour de la grève contre la réforme des retraites, le gouvernement veut se montrer en action, les ministres sont déployés sur le terrain. Le Premier ministre annoncera l'architecture générale de la réforme en milieu de semaine prochaine. A-t-il des pistes de sortie de crise ?

L'exécutif reste déterminé à mettre en place le système universel à points
L'exécutif reste déterminé à mettre en place le système universel à points © AFP / Hans Lucas / Nicolas Cleuet

Sur le fond, rien ne change. L'exécutif reste "déterminé à réformer et moderniser le modèle social". Déterminé à mettre en place le système universel à points. 

Deux éléments d'importance restent à préciser : 

- Les mesures d'économies : "Il serait irresponsable d'engager la réforme sans que le système soit équilibré" a redit le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, lundi sur France Inter.  Et le COR, conseil d'orientation des retraites anticipe un déficit entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025. le Premier ministre a déjà écarté d'augmenter les cotisations ou de baisser les pensions.

Reste la durée du travail. Mais d’après le quotidien Les Échos, “l’exécutif devrait renoncer à imposer des mesures d’économies dès 2021”. Difficile de se lancer dans des économies au forceps, qui mobilisent bien au-delà des régimes spéciaux. 

Il semble qu'il y a de vrais désaccords au sein du gouvernement. Certains ministres jugent qu'on ne peut pas mélanger une réforme systémique à un problème d’équilibre budgétaire. De là à laisser le déficit filer, on en est loin. 

À Bercy, l'objectif est toujours le même. Que la réforme à points se mette en place sur un système à l'équilibre financièrement. Cette notion sera bien traitée dans le projet de loi, confirme un bon connaisseur du dossier. Il se pourrait bien, en réalité, qu'elle soit renvoyée dans les mains de la nouvelle gouvernance du système des retraites mise en place par la loi et à laquelle les syndicats seraient associés.  

- L'entrée en vigueur de la réforme : dans son discours, le 27 novembre dernier, le Premier ministre évoquait déjà la possibilité d'une transition plus longue que prévu. En clair, on oublie 2025. L'entrée dans le système pourrait être décalée de 10 voire 15 ans et varier selon les secteurs. Le temps de travailler, par exemple à la revalorisation du salaire des enseignants pour compenser le manque de primes ; espérant aussi que cela apaise le débat sur les régimes spéciaux.

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