Le gouvernement rencontre aujourd'hui les partenaires sociaux sur la réforme des retraites. Hausse des prélèvements, Contribution sociale généralisée (CSG) ou cotisations retraites vont faire partie des arbitrages du projet de loi.

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jean-marc ayrault veut rassurer sur la future réforme des retraites
jean-marc ayrault veut rassurer sur la future réforme des retraites © reuters

Jean-Marc Ayrault a donné lundi des gages aux syndicats sur plusieurs volets de la réforme des retraites à venir sans toutefois dévoiler ses arbitrages sur le point brûlant de son financement, qui divise les partenaires sociaux.

La CFDT et la CGT ont été parmi les premières reçues par le Premier ministre, qui a entamé un ultime round de concertation de deux jours avant de boucler ce projet à haut risque qui sera présenté le 18 septembre en conseil des ministres.

Le secrétaire général de la CFDT, un syndicat dont le soutien est jugé essentiel pour faire passer la réforme, s'est déclaré "rassuré" sur plusieurs propositions avancées par le chef du gouvernement.

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Afin de marquer sa réforme à gauche, le gouvernement va mettre en place "un compte d'épargne" qui attribuera des points aux salariés travaillant dans des conditions pénibles, leur permettant de partir plus tôt à la retraite.

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a aussi reconnu des avancées sur les fronts de la pénibilité, des études des jeunes ou de l'égalité homme-femme. Mais le syndicat n'envisage pas de renoncer à la journée d'action prévue le 10 septembre avec FO .

Ayrault parle retraites aux syndicats
Ayrault parle retraites aux syndicats © Idé

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon a déclaré:

Le gouvernement est sensible sans doute au rapport de force que nous sommes en train de créer. Nous sommes opposés à toute augmentation de la durée de cotisation, le gouvernement l'a bien compris.

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Thierry Lepaon: "Nous nous sommes opposés à toute augmentation de la durée de cotisation"

Intervenant dimanche soir sur France 2, Jean-Marc Ayrault a une nouvelle fois exclu tout relèvement de l'âge légal de départ à la retraite. Mais le gouvernement s'achemine néanmoins vers la poursuite du mouvement d'augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension au taux plein.

Jugée acceptable par la CFDT, cette option constitue une ligne rouge pour la CGT et FO, même si elle n'interviendra sans doute pas avant 2020. Le gouvernement doit trouver d'ici là environ sept milliards d'euros pour combler le déficit du régime général estimé à cette échéance, au risque de faire beaucoup de mécontents. Le patronat est vent debout contre l'option d'une hausse des cotisations.

Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, a déclaré:

J'ai dit mon opposition sur une augmentation des cotisations. Aujourd'hui, si l'on augmente les charges des entreprises, c'est des actifs en moins, c'est des salariés qui ne seront pas embauchés, ce seront des investissements en moins.

Le Medef, qui était reçu lundi après-midi par le Premier ministre, refuse également toute hausse et reproche au gouvernement son manque d'ambition.

Selon Pierre Gattaz, président du Medef:

Ne pas vouloir regarder l'âge légal et ne pas bouger les durées de cotisation avant 2020, c'est irréaliste.

"Taxer n'est pas réformer": Pierre Gattaz, président du Medef

Longtemps évoquée comme la solution privilégiée du gouvernement pour combler le déficit, l'autre option d'une hausse de la CSG ne fait pas l'unanimité sur fond de débat de rentrée sur le "ras-le-bol fiscal"

Tant la CGT que la CGPME ont fait valoir qu'une hausse généralisée de cet impôt ferait courir le risque d'étouffer une reprise encore hésitante. La CFDT juge de son côté qu'un recours à la CSG doit être réservé pour financer les déficits du système de santé ou de perte d'autonomie des seniors.

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