Manuel Valls et plusieurs ministres ont reçu ce samedi matin une vingtaine d’acteurs de la filière pétrolière
Manuel Valls et plusieurs ministres ont reçu ce samedi matin une vingtaine d’acteurs de la filière pétrolière © MaxPPP / Christophe Morin

Le Premier ministre Manuel Valls et plusieurs ministres ont reçu ce samedi matin une vingtaine d’acteurs de la filière pétrolière au sujet des blocages. Pas de mesures annoncées, mais l’intention pour le gouvernement de tenir bon sur la loi El Khomri.

La réunion aura duré une heure. D’un côté de la table, les acteurs de la filière pétrolière, de l’autre, le Premier ministre Manuel Valls, mais également le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

L’occasion de "faire le point sur la situation de l’approvisionnement en carburants, les actions entreprises et celles planifiées", comme le précisait un communiqué de Matignon ce vendredi.

En sortant de la réunion le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, s’est voulu avant tout rassurant.

La situation reste assez tendue dans certains secteurs mais là ça va beaucoup mieux parce que je pense qu’il y a pas mal de réservoirs qui sont remplis donc je crois que c’est le message essentiel. Le deuxième message c’est qu’on a donné la consigne à tous les grands groupes pétroliers d’être modérés sur les prix de ne pas en profiter. On peut observer çà et là certains indépendants indélicats si j’ose dire.

Le gouvernement a rappelé que quatre raffineries fonctionnent dont deux tout à fait normalement. Les dépôts à l’exception d’un seul sont débloqués. Mais aucune mesure annoncée lors de la réunion, si ce n’est une volonté de "poursuivre les déblocages ".

carburant samedi
carburant samedi © Visactu / Visactu

Objectif : rester ferme

Alors s’il n’y a pas eu d’annonces, pourquoi faire cette réunion ? Matignon veut nous montrer un gouvernement à la barre et ferme sur une question, l'essence, qui peut provoquer une inquiétude irrationnelle chez les français. Manuel Valls montre des ministres en action pour éviter la pénurie contre des syndicats qui bloquent, avec l'espoir que les Français, majoritairement opposés à la loi El Khomri selon les sondages, se désolidarisent de la contestation en voyant que la situation s'améliore.

Une majorité parlementaire contre l’exécutif

Exécutif Hollande-Valls contre majorité parlementaire, voilà le clivage aujourd'hui à gauche. Prenons la palette des parlementaires socialistes, trois députés trois tendance mais un même constat.

Le social-démocrate et hollandais Patrick Mennucci :

Je pense qu’au départ il y a des maladresses dans la présentation de cette loi. Une première mouture qui n’était pas cohérente. Ensuite une deuxième mouture qu’on pouvait discuter. Beaucoup de parlementaires pensent que cet article 2 ne doit pas être écrit comme ça. Je regrette qu’on n’ait pas tenu compte de ça.

Le député aubryste Jean-Marc Germain :

Je crois que la démocratie c’est le dialogue, c’est la discussion et au bout c’est le vote, dialogue avec les organisations syndicales, dialogue avec le Parlement. Je dirais à sa place : ‘je vais écouter et on va essayer de trouver des solutions’. L’intelligence est collective, personne n’a raison contre tout le monde, ni les organisations syndicales, ni le gouvernement, ni les parlementaires.

Christian Paul a quant à lui écrit hier soir au président de la République avec d'autres députés frondeurs, des écologistes et des communistes.

Il faut impérativement retrouver le chemin par le dialogue. Il n’y aura pas de sortie de crise par le pourrissement. Il n’y aura pas de sortie de crise simplement en pensant que le passage en force peut être une règle de bon gouvernement. Il est urgent ce dialogue et il est indispensable.

Restent quelques députés ultra-vallsistes, l'un d'entre eux pense que ses collègues "perdent leurs nerfs", "Ils sont dingues" leur répond un partisan de la réécriture. En revanche que faire si le gouvernement utilise le 49-3 en juillet ? Les socialistes qui veulent voter une motion de censure avec la droite restent minoritaires.

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