Le ministère de l'Agriculture a relevé le niveau de risque de grippe aviaire dans certaines zones françaises suite à la découverte de nouveaux cas chez des volailles en Europe.

Grippe aviaire : les élevages de nouveau sur la sellette
Grippe aviaire : les élevages de nouveau sur la sellette © AFP / GAIZKA IROZ

A la suite de la découverte de nouveaux cas d'influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Croatie, Danemark, Hongrie, Pays-bas, Pologne, Suisse), le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt a relevé le niveau de risque vis-à-vis de la maladie de "négligeable" à "modéré" sur l’ensemble du territoire français. Le niveau de risque dans les zones humides qui concentrent la faune sauvage et constituent des arrêts sur la route des oiseaux migrateurs a même été relevé à élevé.

Après la découverte d'un nouveau virus de grippe aviaire dans des pays européens voisins, la France prend toutes les précautions pour protéger ses producteurs de volailles, à l'approche des fêtes de fin d'année, et notamment sa filière foie gras, tout juste remise d'une grave crise.

Les autorités craignent que des oiseaux sauvages migrateurs, porteurs du virus, l'importent dans les estuaires du littoral et autres côtes et lacs où ils s'arrêtent.

Nous sommes en pleine période de grandes migrations.

Risque élevé de grippe aviaire dans plusieurs zones françaises
Risque élevé de grippe aviaire dans plusieurs zones françaises © Visactu / Visactu

Un an après le traumatisme de 2015

Fin novembre 2015, la France a connu le premier cas de H5N1 depuis 2007, autre souche du virus de la grippe aviaire, dans un élevage de Dordogne. Tous les canards du Sud-Ouest avaient du être abattus et les éleveurs avaient du interrompre leur activité pendant plusieurs semaines, les industriels et les éleveurs ont dû faire l'impasse sur un quart de leur production en 2016 et subi 270 millions d'euros de pertes, pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.

L' épisode actuel intervient deux mois à peine après la fin du confinement des oies et des canards, qui avait permis à la filière du foie gras de reprendre le cours normal de ses activités.

Confinement et pose de filets obligatoires

Le confinement est rendu obligatoire comme la pose de filets permettant d'empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages dans les zones où le niveau de risque est élevé. Ces obligations concernent tous les élevages de volailles commerciaux et non-commerciaux. Les lâchers de gibier à plumes et les déplacements d’appelants sont interdits . Les compétitions de pigeons voyageurs sont désormais interdites.

Y'aura-t-il du foie gras à Noël?

Les éleveurs affirment qu'il y aura bien du foie gras à Noêl, car le foie gras qui va être proposé aux consommateurs français est déjà transformé et ces mesures de vigilance ne remettent pas en cause le fonctionnement de la filière.

Les producteurs craignent en revanche ne pas pouvoir reprendre l'exportation vers les pays non union européenne à partir de décembre, comme ils l'espéraient initialement.

Aucun cas de transmission à l'homme du H5N8, ce nouveau virus apparu pour la première fois fin juin dans le sud de la Sibérie, n'a été signalé par la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), mais le séquençage de cette souche est toujours en cours, pour déterminer si elle est ou non transmissible à l'homme.

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