La plus grande grève de l'histoire de Ryanair a forcément causé des annulations de vols ce 10 août. La compagnie aérienne va donc rembourser ses passagers mais elle refuse une nouvelle fois de se conformer à la réglementation européenne.

Manifestation des employés de Ryanair, le 10 août 2018, pour de meilleurs conditions de travail et de meilleurs salaires au Main Airport Center de Francfort, en Allemagne.
Manifestation des employés de Ryanair, le 10 août 2018, pour de meilleurs conditions de travail et de meilleurs salaires au Main Airport Center de Francfort, en Allemagne. © AFP / DPA / Silas Stein

400 vols annulés et plus de 55 000 passagers concernés. Ce vendredi 10 août, la compagnie aérienne Ryanair a fait face à la plus grande grève de son histoire. Les pilotes de cinq pays européens (Suède, Belgique, Irlande, Allemagne et Pays-Bas) ont réussi à coordonner leur mouvement pour dénoncer la politique d'emploi de la compagnie.

Quant aux passagers, Ryanair leur propose de rembourser les billets -comme elle en a l'obligation- mais ne versera pas d'indemnités pour les annulations et retards. Pourtant, ces indemnisations sont prévues par une réglementation européenne depuis 2004 :

  • 250 € pour les vols inférieurs à 1 500 km
  • 400 € pour les vols qui vont entre 1 500 et 3 500 km
  • 600 € pour les vols qui sont supérieurs à 3 500 km

"Que vous ayez payé votre billet 50 ou 400 euros, c'est la même chose" explique Morgan Bourven, spécialiste des transports à l'UFC Que Choisir. Il reconnaît d'ailleurs que "c'est une règle qui fait tiquer les compagnies". Néanmoins, une clause précise que le transporteur aérien peut ne pas verser d'indemnisation s'il prouve que le retard ou l'annulation étaient dues à des "circonstances extraordinaires".

Jurisprudence en faveur des passagers

En octobre 2016, Ryanair avait déjà tenté de démontrer que la grève était hors de son contrôle et qu'elle relevait donc de cette "circonstance extraordinaire".  À l'époque, la Cour de Justice européenne avait finalement donné tort à la compagnie aérienne jugeant que la grève était la conséquence directe de sa politique sociale.

Autre précédent, en 2017, après une vague d'annulations de vols, Ryanair avait fini par capituler face à l'autorité britannique de l'aviation civile (CAA) en acceptant de se conformer aux règles d'indemnisations. La CAA avait lancé une procédure, préalable à une éventuelle action en justice, en estimant que la compagnie aérienne avait "induit en erreur" les passagers en leur "fournissant des informations inexactes sur leurs droits".

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