Après une première enquête menée en 2016, les services de la répression des fraudes révèlent le contenu des épices et d’herbes aromatiques, vendues en grande surface et sur internet.

Des épices vendus dans un supermarché.
Des épices vendus dans un supermarché. © Maxppp / Sancke Jean-Renaud

Porter une attention particulière aux étiquettes n’est pas toujours suffisant. La preuve avec cette enquête des services de la répression des fraudes sur les flacons d’épices. Des fragments de feuilles d’olivier s’invite dans un pot d’origan, de l’amidon remplace du cumin et des colorants, du safran qui n’en est pas vraiment.

Pour obtenir ces résultats, les services de la DGCCRF ont mené 219 visites entre juillet et octobre 2019, chez des producteurs, des distributeurs, sur des sites de vente en ligne et fait analyser 138 prélèvements. Dans un quart des visites menées, les experts ont repéré une anomalie dans le produit. Six épices et herbes sont visées dans l’enquête : le poivre, les paprikas et piments doux et forts, le cumin, le curcuma, le safran et l’origan.

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"Des substances de charge" dans le safran

Chaque année, 100 000 tonnes d’épices et d’herbes aromatiques sont produites dans l’Union européenne, soit 2% de la production mondiale. Elle en importe trois fois plus, depuis l’Asie notamment.

C’est l’épice la plus chère, le safran, qui comporte le plus d'anomalies. Seulement 15% des produits étudiés sont conformes. "Des restes floraux" selon la DGCCRF sont trouvés dans les pots. "Des substances de charge" permettent de mettre moins de safran. Les filaments, qui coûtent jusqu’à 1000 euros le kilo en grande surface voire 30 000 euros s'ils sont produits en France, sont remplacés par des "substances de charge". Des vertus thérapeutiques mensongères apparaissent même pour décrire des flacons. "Agit contre la douleur", "apaise la toux, l'asthme et soulage du rhume", "propriétés anticancéreuses", "vertus antidépressives" affirme la répression des fraudes.

Des fragments de noyaux d'olive dans le paprika

Comme pour le safran, l’origan voit d’autres herbes arriver dans son pot. "Des débris végétaux, parfois importants", ont été retrouvés, comme des fragments de feuilles d’olivier et de myrtes ont été utilisés "comme substances de charge". En clair : pour remplir. "Un origan était adultéré par environ 50% de brisures de feuilles d’olivier" écrit la DGCCRF.

Le troisième épice épinglée par la répression des fraudes est le paprika, mélangés dans certains cas avec du grignon d’olive. C’est ce qu’il reste après le processus d’extraction de l’huile d’olive, composés des peaux et des fragments des noyaux. Du grignon d’olive a également été observé dans des flacons de cumin. La DGCCRF a découvert l’existence d’un paprika étiqueté avec la mention d’une AOP hongroise, alors que ce n’est pas le cas.

Toutefois, dans son rapport, elle note que la qualité des épices vendues sur le marché français a progressé par rapport à la dernière enquête, et elle invite les consommateurs à faire preuve "d’une vigilance accrue lors de leurs achats et de privilégier le choix d’épices et d’herbes aromatiques entières".