La direction des Hôpitaux de Paris a fait son choix : son nouveau centre hospitalier, qui doit regrouper les activités des établissements de Bichat et Beaujon, sera situé à Saint-Ouen en lieu et place de l'actuelle usine PSA. Les plus de 300 salariés devront être redéployés par le constructeur automobile.

L'entrée de l'usine PSA de Saint-Ouen
L'entrée de l'usine PSA de Saint-Ouen © Radio France / François Rauzy

L'annonce a été faite par la direction de PSA à ses employés lundi 12 novembre. L'État va réquisitionner les locaux du site de Saint-Ouen pour y accueillir le nouvel établissement hospitalier de Paris Nord. Un hôpital qui regroupera les activités de Bichat (XVIIIe) et Beaujon (Clichy) à l'horizon 2025. La direction du groupe automobile doit maintenant rencontrer les syndicats le 21 novembre pour discuter du reclassement des 320 salariés de son usine audonienne. 

C'est sûr que ça fait un choc ! C'était une usine familiale... On sait ce qu'on perd mais on ne sait jamais ce qu'on retrouve derrière ! - Carlos, employé PSA à Saint-Ouen depuis 20 ans

La grande majorité des employés reconnaît que l'annonce n'est pas une totale surprise, la direction les avait préparés à cette éventualité. Mais le choc est tout de même rude pour Carlos, qui espère pouvoir continuer à travailler en région parisienne : "Quand on a une famille, le déménagement ce n'est pas évident à gérer. On est cinq à la maison, mes enfants sont tous scolarisés à Paris..." Dans son cas la meilleure solution serait d'intégrer le site de PSA à Poissy, le dernier site de production encore localisé en région parisienne.

D'autres pensent à quitter l’Île-de-France, comme Philippe, qui a passé 25 ans à Saint-Ouen : "C'est peut-être l'occasion de partir en région. J'essaie de le prendre comme un nouveau départ. J'ai une petite famille, ça va faire un gros changement, mais malheureusement c'est la vie." Plusieurs usines pourraient être choisies par le groupe pour accueillir des salariés de Saint-Ouen, comme Caen, Rennes ou encore Mulhouse.

Les syndicats réclament des procédures de reclassement exceptionnelles

Les délais pour le reclassement sont courts, le site doit être vidé aux environs de juin 2021. Dans ce contexte, les syndicats demandent des mesures d'accompagnement classiques, comme l'aide à la mobilité, mais aussi des indemnités financières supplémentaires pour les salariés reclassés. Ils font également appel à l'État, qui réquisitionne les lieux, pour trouver des solutions pour les salariés. Bruno Delaysse, élu Force Ouvrière au CE de l'usine de Saint-Ouen explique : "On pourrait embaucher certains ouvriers dans le nouvel hôpital. Un salarié ne peut évidemment pas devenir médecin, mais il pourrait tout à fait se former pour devenir brancardier." La plupart des syndicats demandent également pour les salariés de plus de 55 ans des procédures de retraites anticipées.

De son côté, la direction assure qu'elle mettra tout en oeuvre pour que chaque employé du site audonien se voit proposer une solution de reclassement.

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