Les groupes français et allemands devraient acter une fusion ce mardi et donner naissance à une entité capable de concurrencer le géant ferroviaire chinois CRCC.

Henri Poupart-Lafarge, président-directeur général d'Alstom
Henri Poupart-Lafarge, président-directeur général d'Alstom © AFP / ERIC PIERMONT

Alstom pourrait être absorbé par Siemens ce mardi. La fusion entre les deux groupes, qui bruisse dans la presse depuis ce week-end, pourrait être confirmée en fin de journée.

Le groupe français Alstom a confirmé vendredi des "discussions en cours" avec le conglomérat allemand Siemens sur "un possible rapprochement" dans le secteur ferroviaire, après des informations en ce sens publiées la veille.

Ce projet avorté en 2015, lorsqu'Alstom s'était uni à l'américain General Electric, fait son retour, alors que le conglomérat allemand Siemens négocie depuis des mois avec le canadien Bombardier.

"Je pense qu'on a besoin d'une consolidation dans le secteur ferroviaire" face à la montée en puissance d'entreprises en Chine, a réagi vendredi soir la ministre des Transports Elisabeth Borne, interrogée sur France Info, estimant "qu'une consolidation serait une très bonne chose".

15 milliards d'euros de chiffre d'affaire

Siemens pourrait ainsi confier à Alstom ses activités ferroviaires "en échange d'une large part dans le groupe français", mais les deux groupes "pourraient aussi envisager des co-entreprises", soit un scénario proche de celui discuté avec Bombardier, avec deux entreprises communes dans le matériel ferroviaire et la signalisation, avait écrit l'agence Bloomberg.

Ce qui prime, c'est le mastodonte que représenterait la nouvelle entité. Avec un chiffre d'affaires estimé de 15 milliards d'euros, soit la moitié de celui du géant chinois, la fusion assurerait au couple ferroviaire franco-allemand sa survie au sein de l'Europe, du moins.

Car aujourd'hui, la production d'un train coûte 40 millions d'euros pour Alstom comme pour Siemens, contre 19 millions d'euros pour son concurrent chinois.

Cela lui permettra aussi de rester concurrentielle hors Union européenne, comme aux États-Unis où Alstom avait signé plusieurs contrats d'équipement ferroviaires (mais en délocalisant sa production, au grand damn de François Hollande et de son gouvernement).

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