[scald=88953:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a défendu mercredi les mesures qu'il vient d'annoncer pour améliorer la compétitivité de l'économie française, accusant les opposants au projet de hausse de 1,6 point de la TVA d'être "complices des délocalisations".

Le chef de l'Etat, qui intervenait devant le 19e salon des entrepreneurs organisé à Paris, s'est en outre livré à une virulente attaque contre les banques, coupables à ses yeux de ne pas assumer leur rôle de financement de l'économie.

Parmi les mesures qu'il a annoncées dimanche soir à la télévision, figure une hausse de 1,6% du taux normal de TVA qui servira à compenser une baisse des cotisations familiales patronales, avec pour objectif de lutter contre les délocalisations en abaissant le coût du travail.

Le candidat socialiste François Hollande s'est engagé à revenir sur cette hausse de TVA prévue au 1er octobre. La mesure a également suscité des critiques au sein de la majorité.

"A ceux qui ne veulent pas ou n'osent pas assumer un point et demi de TVA (...), alors vous serez complices des délocalisations, alors les délocalisations ça ne vous gêne pas, la France qui se vide de son sang industriel, ça ne vous gêne pas!", a dit Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat, qui pourrait prendre le "courage" comme un des principaux thèmes de la campagne électorale à venir, a également reproché à l'opposition de vouloir placer la France dans la situation des économies en crise du sud de l'Europe en refusant les choix difficiles.

FAIRE CONFIANCE AUX ENTREPRISES

"Que ceux qui n'auront pas le courage d'assumer les décisions difficiles proposent aux Français l'avenir qui est aujourd'hui le présent de la Grèce, du Portugal de l'Espagne ou de l'Italie qui doivent faire des efforts sans précédent parce qu'au moment où il fallait faire les efforts, les dirigeants n'ont pas eu le courage de mettre en ouvre ces réformes."

Il s'en est pris de même aux banques en indiquant que l'Etat se trouvait aujourd'hui dans l'obligation de créer une banque de l'industrie après avoir déjà renforcé le rôle d'Oseo pour financer les PME.

"On se demande à qui les banques commerciales prêtent de l'argent !", a-t-il ajouté, non sans les accuser d'avoir alimenté avec leurs prêts dans le passé des bulles immobilières ou celle de l'internet au début des années 2000.

Pour Nicolas Sarkozy, le rôle des banquiers est de "faire confiance à des entrepreneurs sur cinq ans, sur dix ans, sur quinze", d'accompagner la création et le développement des entreprises, "pas de gagner beaucoup d'argent très rapidement".

"Le rôle d'un banquier, ce n'est pas d'entretenir une salle de marchés où des jeunes ultra-diplômés derrière des ordinateurs hyper-compétents parient sur une chose aussi intéressante que de savoir si la bourse va franchir les 2.000 points ou les 2.100 points. Franchement ça, on n'en a pas besoin. On a vu où ça conduisait le pays."

Pour autant, le chef de l'Etat a assuré que les banquiers n'étaient pas ses "ennemis", pour se démarquer une fois de plus de François Hollande, qui a présenté lors de son récent du discours du Bourget la finance comme son "principal adversaire".

"D'ailleurs, je ne vois pas ce que ça amène de dire un tel ou un tel est un ennemi. Mais si ça soulage celui qui le dit c'est très bien, mais ça ne fait pas avancer ou trouver de solution aux problèmes des autres", a-t-il déclaré.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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