Le projet d'accord pour la revalorisation des métiers paramédicaux et non médicaux, ainsi que celui sur les personnels hospitaliers, dans le cadre du Ségur de la Santé devraient être signés par les syndicats lundi. Ces mesures représentent à terme 9 milliards d'euros de plus chaque année pour l'hôpital.

L'accord sur le Ségur dela Santé pourrait être signé lundi 13 juillet
L'accord sur le Ségur dela Santé pourrait être signé lundi 13 juillet © AFP / Bastien Doudaine / Hans Lucas / Hans Lucas

Le Premier ministre Édouard Philippe et Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé ont donné le coup d’envoi du Ségur de la Santé le 25 mai 2020 aux côtés de près de 300 acteurs du monde de la santé. Sept semaines et plusieurs manifestations plus tard, la concertation a abouti à un accord qui obtiendra la signature d'une majorité de partenaires. 

Le texte propose une revalorisation de 180 euros nets pour tous les salariés concernés, met à jour les grilles de salaires et permet notamment de doubler le nombre de promotions dans les deux prochaines années.

450 millions pour les médecins hospitaliers

Une hausse de 450 millions d'euros prévue pour les rémunérations des médecins hospitaliers. 

L'accord pour les médecins hospitaliers comprend 16 mesures, dont une augmentation de la prime versée aux praticiens qui s'engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics, sans dépassement d'honoraires.  Cette indemnité, aujourd'hui de 490 euros brut par mois pour un temps plein et 700 euros après quinze années de "service public exclusif", doit ainsi passer à 1.010 euros "en deux temps", au 1er septembre, puis au 1er mars 2021.  

Une révision des grilles de salaires est par ailleurs envisagée "à compter du 1er janvier 2021", avec des évolutions ciblées sur le début et la fin de carrière qui représentent une somme prévisionnelle en année pleine de 100 millions d'euros.  

Pour les internes et étudiants en médecine

Après négociation, il est finalement prévu 200 millions d'euros dans l'enveloppe destinée à améliorer la rémunération des internes et étudiants en médecine. Actuellement un interne de première année gagne 16000 euros brut par an, et 25000 en troisième année. 

Des hausses de salaires pour les personnels paramédicaux

Un accord majoritaire a également été conclu pour les personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers...) et non médicaux (agents techniques et administratifs), avec à la clé une enveloppe de 7,5 milliards d'euros.

Des embauches

Un accord majoritaire a aussi été obtenu vendredi pour les personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers...) et non médicaux (agents techniques et administratifs). L'accord prévoit que les mesures permettront de pourvoir 7300 postes vacants, et d'embaucher 8000 agents supplémentaires. 

Des discussions au niveau local

Pour des sujets comme la formation professionnelle, les conditions de travail, l'organisation du travail, la sécurité, l'accord prévoit plus de facilité pour ouvrir des négociations au sein des établissements. 

Un comité de suivi se réunira une fois par trimestre pour faire le point et vérifier la mise en pratique de l'accord. 

Des hausses de salaires dans le privé

Les personnels hospitaliers privés recevront eux 160 euros par mois, sous réserve d’un accord de branche. Par ailleurs, les grilles des salaires de nombreux métiers (infirmiers, personnels de rééducation et médico technique, directeurs de soins…) seront revalorisées d’ici au 1er janvier 2022.

Des bémols et des mécontentements 

Les médecins hospitaliers réclamaient à l'origine une enveloppe bien plus importante que celle qu'ils ont obtenue, de l'ordre de plusieurs milliards d'euros, bien plus importante que les 450  millions d'euros. "On n'a pas eu tout ce qu'on voulait" mais "ce n'est pas une fin, c'est un début", a souligné Rachel Bocher, présidente de l'INPH.  

Dans un communiqué, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a fait part samedi de son "immense déception", regrettant notamment "l'absence de revalorisation pour les gardes et le temps de travail additionnel".  "Nous pouvons considérer aujourd'hui que le pseudo-accord qui va être signé par certains syndicats ne répond pas aux attentes des professionnels de terrain. Nous risquons d'assister à des démissions dans les semaines qui viennent", assure l'Amuf.

Un rassemblement pour protester contre les insuffisances de l'accord est prévu le 14 juillet à Paris. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.