L'aciérie près de Valenciennes sera sans doute fixée sur son sort ce mercredi. Deux repreneurs sont sur les rangs, mais rien ne pourra se faire sans le feu vert de l'État. Sur France Inter, Xavier Bertrand avait appelé solennellement Emmanuel Macron à agir pour sauver le site.

Manifestants devant l'usine Ascoval à Saint-Saulve en avril 2018
Manifestants devant l'usine Ascoval à Saint-Saulve en avril 2018 © AFP / François Lo Presti

C'est l'un des gros dossiers épineux sur la table du gouvernement...Direction, syndicats et administrateurs judiciaires de l'aciérie Ascoval (Saint-Saulve, près de Valenciennes) ont rendez-vous mardi à Bercy, à la veille de l'audience qui doit décider de leur sort au tribunal de grande instance de Strasbourg.

L'usine Ascoval (ex Vallourec) a été placée en redressement et risque la liquidation, après avoir été racheté par Ascométal, vendu ensuite au groupe suisse Schmoltz. Le tribunal doit se prononcer sur les plans de deux repreneurs qui se sont fait connaître mais rien ne pourra se faire sans l'appui de l'État. Xavier Bertrand a d'ailleurs écrit à Emmanuel Macron pour demander son appui.

En attendant, l'usine est en sursis. Sur pression de l'État, Vallourec garantit le carnet de commande jusqu'en janvier. Mais après, c'est le flou raconte Yann : "Malheureusement, c'est pas la première fois qu'on vit ça. C'est très compliqué mentalement de venir travailler. Ils ne mettent pas que nous dans la misère, ils y mettent aussi la famille très proche. C'est très dur, sincèrement."

Deux repreneurs se sont fait connaître : un Iranien (projet menacé par l'embargo américain) et un Franco-Belge, Altifort. Cette solution a notamment la faveur de Djamel, chef de poste. "J'espère que des gens assez intelligents prendront les bonnes décisions", explique-t-il. "Aujourd'hui, on a tout ce qu'il faut pour réussir. On a la connaissance, l'outil, le savoir-faire. C'est une chose rare qu'il faut garder."

Silence, rumeurs et inquiétudes

Le projet Altifort garantit l'emploi, de nouvelles embauches à terme et de nouveaux marchés. Solide industriellement mais pas financièrement : le groupe a besoin de 18 mois pour lancer une nouvelle production. Il faut donc en attendant l'aide de l'État et du propriétaire historique Vallourec. "On n'entend pas du tout l'État. Lui qui voulait réindustrialiser, on se demande où il est !", regrette Olivier Burgnies, délégué CFDT.

Je suis un peu atterré par ce silence. Il va encore falloir taper aux portes, se faire entendre, pour qu'on soit écoutés. C'est quand même malheureux.

Le site de l'usine entre voies ferrées et canal Seine-Nord est très convoité. On parle d'une extension de Toyota... Et Nacim Bardi craint qu'Ascoval soit sacrifié : "On est perdus. Franchement, on est perdus", se désole le délégué CGT. "Y'a plein de rumeurs, plein de projets derrière... On sait qu'il y a pas mal d'entreprises qui se bousculent pour récupérer les terrains. J'espère qu'on ne nous la fait pas à l'envers."

Pour lui, c'est aussi le symbole de la fin d'une époque : "C'est historique, l'acier ! C'est comme les mines ! Si c'est pas nous qui le faisons, ce sera les Anglais, les Allemands..."

De l'acier, il y en aura tout le temps. Ça continue à marcher dans les autres pays européens, et pas en France ? Faut se poser des questions.

Les salariés sont désormais suspendus à la décision d'un tribunal... Et surtout à celle de Bercy.

 

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