C'est un étonnant forfait téléphonique que vient d'annoncer l'entreprise française Prixtel : Blu, un forfait téléphonique essentiellement destiné aux jeunes. Son prix : zéro euro. A condition de répondre à des sollicitations publicitaires en pagaille.

Si on se fie à son look, Blu a tout d'un jeu... mais c'est un forfait téléphonique.
Si on se fie à son look, Blu a tout d'un jeu... mais c'est un forfait téléphonique. © Radio France / JB

"Blu", c'est un nom mignon, une application pour smartphone (Android dans un premier temps) et une petite mascotte bleue mignonne comme tout. Mais ce qui ressemble, à première vue, au nouveau jeu façon "Candy Crush" qui risque de cartonner, est en réalité un opérateur téléphonique, lancé ce mercredi. 

Le site web de ce nouveau forfait basé sur le réseau SFR et créé par l'entreprise française Prixtel basée à Aix-en-Provence annonce la couleur : "Blu te permet de ne plus jamais payer ton forfait mobile". Un forfait mobile complet à zéro euro, ce serait une première en France : les opérateurs classiques proposent, pour certains, des forfaits gratuits, mais ce sont en général des mini-forfaits pour leurs clients, comme le forfait Free Mobile incluant deux heures d'appels et 50Mo de données à 0€ pour les abonnés Freebox.

Des "éclairs" en monnaie virtuelle

Mais cette gratuité n'est qu'une vitrine. Car pour gagner des minutes d'appels, des SMS ou du volume de données (capital pour les utilisateurs de smartphones), il faut collecter des "éclairs". Et pour collecter ces éclairs, il faut répondre à des sollicitations publicitaires

Exemple concret : le forfait le plus alléchant contient cinq heures d'appel, des SMS illimités et 2Go de données. Chez les opérateurs historiques, cela coûte autour de 20€. Chez Blu, il vous en coûtera 7 000 éclairs. Et pour les collecter, il vous faudra (par exemple) répondre à trois sondages, parrainer deux amis et tester quatre applis. Ce qui équivaut à se rendre disponible pendant à peu près une heure à une heure et demie. 

Une logique inspirée du jeu

Blu réunit tout ce qui peut être demandé à un internaute : "Vous allez pouvoir partager des applications, tester des jeux, répondre à des sondages, accepter d'être géolocalisé pour avoir des offres promotionnelles, acheter via l'application pour gagner des éclairs, et lorsque vous parrainez un ami vous gagnez des éclairs", détaille David Charles. 

Mais l'application pousse au maximum la logique de "gamification" du forfait : les différentes méthodes pour gagner des "éclairs" sont nommés le "nuage à parrains", "la plaine aux apps", "la plage à vidéo", "le spot des gamers" et "la mer à pub" (sic). Et la mascotte Blu, petite bestiole bleue à antennes, peut gagner des niveaux pour évoluer et rapporter plus rapidement des "éclairs".

Tracking des jeunes utilisateurs ?

Mais derrière ces apparences, il s'agit bien, à chaque fois de faire consommer de la publicité ou du contenu de marque à un public cible qui est celui des 15-25 ans. "La réalité, c'est que les jeunes sont déjà habitués à regarder de la publicité pour accéder des contenus", explique David Charles. Les jeunes passent déjà quatre heures par jour sur leur téléphone : avec cette application, ils y passeront encore plus de temps.

Nous ne faisons que monétiser des usages qui existent déjà.

Et il dit vrai : si vous avez déjà joué à un jeu gratuit sur smartphone comme le très populaire Clash of Clans, vous avez sûrement dû visionner une publicité pour récupérer vos vies plus vite. On parle de publicité in-game. Et le PDG se défend de faire du "tracking", de suivre à la trace ses utilisateurs : "Je vous donne un exemple, si la société Haribo nous demande de faire un questionnaire sur des bonbons bleus, rouges ou verts, ceux qui veulent répondre répondent, _c'est un simple sondage_, et c'est Haribo qui paie"

Mais plus étonnant encore, un prochain développement de l'application :"En passant devant un magasin, vous serez repéré. Si vous entrez et achetez quelque chose, cela fait gagner des éclairs", a aussi expliqué David Charles au Monde.fr

Pour atteindre son seuil de rentabilité, Blu doit atteindre 200.000 utilisateurs d'ici mi-2019. Testée depuis six mois, l'application est d'ores et déjà disponible sur Android, et le sera sur iOS d'ici la fin de l'année. Elle totalise déjà 50 000 utilisateurs et espère avoir doublé ce chiffre fin 2018.

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