Joël Varin 56 ans, entré chez Jeannette à l’âge de 16 ans
Joël Varin 56 ans, entré chez Jeannette à l’âge de 16 ans © Manuel Ruffez

La biscuiterie Jeannette, créée en 1850 et qui fabrique des madeleines à Caen, a été placée en liquidation judiciaire fin 2013. Les 37 ex-salariés, licenciés depuis le début de l'année se sont opposés à la vente des machines, le 20 février dernier, et, depuis, ils occupent l'usine 24 heures sur 24.

Le 1er août, Le tribunal de commerce de Caen a rejeté vendredi toutes les offres de reprise de la biscuiterie Jeannette. Trois des quatre repreneurs avaient déposé des offres qui ne concernaient que les machines, ou l'outil de production avec la marque et les recettes de la biscuiterie. Les ex-salariés craignaient que le tribunal accepte l'offre d'un repreneur pour le seul outil de production qu'ils considèrent comme leur propriété, après 30 voire 35 années passées pour certains dans l'entreprise.

Ils se sont déjà opposés à la vente des machines, le 20 février dernier, et, depuis, ilssont 20 à occuper l'usine 24 heures sur 24 pour éviter que le matériel soit saisi.

Ça fait 40 ans que Joël Varin travaille chez Jeannette. A l'époque, la biscuiterie employait 400 salariés. Malgré sa longue carrière, la journée qu'il n'oubliera jamais, c'est celle du 20 février dernier.

Ce jour-là, l'usine a bien failli être vendue en pièces détachées aux enchères :

Nous sommes arrivés à 4h du matin, l'un de nous est rentré par une fenêtre, il nous a ouvert, on est tous rentrée et on a bloqué les serrures et l'usine pour éviter que tout parte.

Françoise Bacon est la déléguée CGT, elle travaille chez Jeannette depuis l'age de 15 ans . Elle raconte cette journée où les salariés ont empêche qu'on leur prenne "l'outil de travail".

"On est fier de notre combat, on a fait parler de nous et on partira la tête haute"

Les salariés ont remis en route l'usine trois fois, pour produire quelques madeleines, récolter un peu d'argent, et récolter surtout le soutien sans condition de la population. Etc'est ce qui touche Joël Varin. Rentré à 16 ans chez Jeannette, il est fier de ce qu'on fait les salariés de l'entreprise, mais surtout il il ne revient pas du soutien des gens de la région.

Joël Varin

Malgré tout, le temps est long, le salariés passent les journées et les nuits à tour de tôle à l'usine, sur un matelas en mousse jeté au sol.

Et l'éventualité d'un repreneur s'éloigne.

Françoise Bacon

C'est un combat qui est très dur mais c'est une épeuve de ma vie

Aujourd'hui, les salariés ne croyent plus à la possibiliét d'un repreneur. Ce qu'ils réclament, c'est un peu plus d'argent pour partir. 50.000 euros chacun en lus des 25.000 euros qu'on leur propose pour 40 ans de travail. Et pour cela, les salariés ont lancé une procédure aux prud'hommes pour licenciement abusif.

A tour de rôle, la vingtaine de salariés de Jeannette occupe l’usine jour et nuit depuis le 20 février
A tour de rôle, la vingtaine de salariés de Jeannette occupe l’usine jour et nuit depuis le 20 février © Manuel Ruffez
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