La ministre des Transports reçoit les syndicats de cheminots ce jeudi. Ces derniers ont prévenu : toucher à leur statut spécifique n'est pas négociable, sous peine d'une grève dure. L'opération déminage s'annonce compliquée pour le gouvernement.

Les syndicats donnent 15 jours au gouvernement pour revoir sa copie.
Les syndicats donnent 15 jours au gouvernement pour revoir sa copie. © AFP / David Seyer / CrowdSpark

Ce sont donc les cinq syndicats de cheminots qui sont reçus tour à tour au ministère des Transports ce jeudi. Première à ouvrir le bal, CGT-Cheminot, suivie de l'UNSA, SUD-Rail, la CFDT et FO. De l'avis d'une responsable syndicale, qui sera présente aux réunions, l'ambiance risque d'être plutôt tendue.

"Ça va s'observer, chaque mot sera pesé" (responsable syndicale SNCF)

Comme assise sur une cocotte-minute, la ministre des Transports Elisabeth Borne va écouter. Mais a priori, pas question de fléchir. Sur la question de la fin du statut de cheminot - ligne rouge des syndicats - le gouvernement fonce tout droit. "Ils veulent en faire un trophée de chasse", dénonce l'UNSA. Leur seul but, "c'est nous mettre l'opinion à dos", renchérit la CGT.

Et surtout, par ce biais, l'exécutif souhaite éviter les autres sujets qui fâchent : la dette de la SNCF (largement contractée par l'Etat) ou la question des petites lignes, patate chaude dont devraient hériter les régions.

La fin des recrutements au statut de cheminot, principale mesure annoncée par Edouard Philippe.
La fin des recrutements au statut de cheminot, principale mesure annoncée par Edouard Philippe. © Visactu

Pour déminer le terrain, au ministère, on se dit prêt à discuter du fameux "sac à dos social". Autrement dit, les garanties que les cheminots  pourront garder, en cas de départ à la concurrence. Là-dessus, "il y a consensus", commente un proche collaborateur d'Elizabeth Borne. Mais ça ne suffira pas, prévient déjà un délégué syndical. "Ce n'est pas avec un ticket de métro qu'ils vont acheter la paix sociale".

Ultimatum fixé au 15 mars

La concertation est censée durer deux mois, avant un débat parlementaire qui devrait s'achever avant la fin de l'été. Les syndicats, eux, ont fixé un délai beaucoup plus court : si au 15 mars, le gouvernement n'a pas modifié son projet, "il y aura grève reconductible et dure", prévient Didier Aubert, de la CFDT.

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