SNCM : l'épilogue ?
SNCM : l'épilogue ? © Sylvestre/MAXPPP / Sylvestre/MAXPPP

La direction de la Société nationale Corse Méditerranée ne devrait pas être reconduite ce lundi lors du conseil de surveillance. La position de l'Etat s'annonce décisive. L'avenir de la compagnie maritime, en difficultés financières, en dépend .

Le conseil de surveillance qui se réunit en début d'après-midi à Marseille s'annonce déterminant pour l'avenir de la compagnie maritime. D'après le journal La Provence , les représentants des actionnaires, l'Etat et les salariés devraient ne pas renouveler le directoire que préside Marc Dufour, dont le mandat expire à la fin mai. Une décision redoutée par les syndicats et qui serait lourde de conséquences : son départ ouvrirait la voie à l'abandon du plan de restructuration qu'il défend et sur lequel les actionnaires se divisent depuis de longs mois.

"Mon départ serait un mauvais signe pour l'avenir de la compagnie. Il va laisser à penser qu'on veut effectivement faire disparaître la SNCM, estisme Marc Dufour dans un entretien au journal La Provence. La SNCM, qui assure notamment les dessertes avec la Corse, est détenue par Transdev et Veolia, avec 66 % du capital. Des actionnaires avec lesquels Marc Dufour est en conflit ouvert. Ce sont donc les représentants de l'État (25 % du capital) qui feront pencher la balance. S'ils s'associent aux salariés (9 % du capital), Marc Dufour sauve sa place et, par la même occasion, son plan de relance économique.

Un scénario espéré par les syndicats, Stéphane Burgatt

L'État dans le rôle d'arbitre

L'abstention des trois mandataires de l'État au conseil de surveillance pourrait permettre à Transdev de récupérer la gouvernance de l'entreprise que la justice lui a récemment refusée. Il marquerait sans doute l'abandon d'un plan de restructuration que Transdev et Veolia ont affirmé ne pas vouloir mettre en œuvre après l'avoir, dans un premier temps, approuvé. "Par l'abstention ou le vote contre, l'État afficherait le choix de l'abandon en donnant carte blanche à un actionnaire défaillant et liquidateur, et donnerait un triste exemple de déni de la parole publique en ouvrant la porte au démantèlement rapide de la compagnie", juge le syndicat CFE-CGM de l'entreprise.Le plan de restructuration, signé en 2013 par les actionnaires, prévoit notamment la suppression de 500 emplois sur 2.600 et le renouvellement de la flotte avec l'achat de quatre navires qui grèverait encore les comptes de la compagnie maritime.La SNCM doit rembourser aux pouvoirs publics 440 millions d'euros, dont la moitié pour des aides d'État versées entre 2007 et 2013 et jugées illicites par la Commission européenne en mai 2013. L'autre moitié concerne des aides liées à la privatisation de l'entreprise en 2006. Pour l'instant, les contentieux mettent un frein à une reprise de la compagnie par un investisseur extérieur tel le groupe norvégien Siem.

La SNCM en chiffres
La SNCM en chiffres © IDÉ
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